Mardi 25 mars 2008
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14:15
Elle s'était absentée hors de France pendant un mois : à la radiation, l'ANPE ajoute une "peine supplémentaire", à savoir l'interdiction de se réinscrire avant un délai de six mois.
C'est une situtation inédite, du moins à notre connaissance. Une demandeuse d'emploi, inscrite à l'AITA, a récemment quitté la France pendant un mois, pour des raisons
familiales. Ce n'est pas nouveau : ce genre d'escapade est en général mal vue par l'ANPE, qui pour le moins demande à être prévenue auparavant. Une précaution que n'avait pas prise la
personne en question, qui bien évidemment n'a pas pointé à son agence le mois donné.
Evidemment, il n'en fallait pas plus pour encourir la radiation. Ce qui est plus étonnant, c'est que cette radiation s'est trouvée assortie d'une interdiction de se réinscrire à
l'ANPE pendant une période de six mois.
Etonné, le personnel de l'AITA a contacté l'ANPE afin de comprendre les motifs d'une telle décision. Cette démarche n'a pas permis d'obtenir d'explications précises, mais l'agence a
toutefois indiqué que la personne visée était une "récidiviste". On ignorait que l'absence de pointage était un délit, avec sanctions graduées en application d'un barème strict. Reste à
mesurer en quoi une telle décision peut être bénéfique en termes d'aide au retour à l'emploi, ce qui est tout de même la mission première de l'ANPE.
Par Le Club Aita
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Mardi 1 avril 2008
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14:09
"Trop âgé pour exercer la profession de plombier-chauffagiste." La sentance est sans appel. Elle figure noir sur blanc dans la réponse adressée au courrier de candidature
de Didier, 55 ans.
Une telle réponse, parce qu'elle s'appuie clairement sur un motif discriminatoire (l'âge) pourrait certainement fournir une base valable à une action en justice. Mais ce n'est pas
le but de Didier, qui préfère regarder tout ça avec un certain détachement. Depuis qu'il a mis la clé sous la porte en raison, explique-t-il, du non-paiement d'une série de
chantiers par un client indélicat, cet ancien artisan a eu le temps de se lamenter...
Reste qu'il a fait toute sa carrière dans le métier de plombier-chauffagiste. Le boulot, donc, il connaît. Et pourtant, parce que trop âgé, ou peut-être trop expérimenté et donc trop cher,
il ne trouve pas de travail, dans un secteur réputé en manque de main-d'oeuvre.
Comme il n'est pas exempté de recherche d'emploi, l'ANPE le soumet au parcours habituel proposé aux chômeurs :
dernièrement, son conseiller l'a orienté vers une "évaluation en milieu
de travail" (EMT). "Ca veut dire que je vais bosser dix jours sans être payé. Mon 'maître de stage' est un artisan qui vient de s'installer, moins expérimenté que moi", précise Didier.
Si l'EMT peut être une formule intéressante pour permettre à certains demandeurs d'emploi de valider leur projet professionnel en le confrontant à la réalité, dans le cas de Didier,
l'idée semble franchement incongrue. "Tant pis, je vais y aller quand même", s'amuse Didier, qui a pris le parti d'en rire. On espère tout de même que l'EMT va bien se passer : dans le cas
contraire, on risque de lui proposer une reconversion !
Par Le Club Aita
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Jeudi 22 mai 2008
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14:46
Amina, employée en contrat d'accompagnement vers l'emploi, a bénéficié il y a douze mois du versement de l'Araf (Aide à la reprise d'acitivité des femmes). Cette allocation s'adresse aux femmes (et
uniquement à elles, tant pis pour les pères au foyer) qui, chômeuses non indemnisées, bénéficiaires de l'ASS ou du RMI, sont en difficulté pour organiser la garde de leur(s) enfant(s) de moins de
six ans au moment où elles retrouvent un emploi.
Cette aide, d'un montant de 305 à 460 euros, est versée une fois. Au bout de douze mois, si les conditions d'élligibilité sont toujours remplies, il est possible de refaire une demande.
C'est donc ce qu'a fait Amina, étant toujours en CAE et ayant toujours des enfants à faire garder. Et c'est avec surprise qu'elle s'est heurtée à un refus de l'ANPE (gestionnaire de cette aide), au
motif que l'emploi qu'elle occupe aujourd'hui est le même que celui qu'elle occupait il y a un an. Selon les explications de son conseiller, pour bénéficier à nouveau de l'Araf, il aurait fallu
qu'elle change de poste entre-temps.
Cette logique d'attribution laisse perplexe, d'autant plus que l'emploi d'Amina, en CAE, est par définition précaire. Pourquoi y a-t-elle eu droit l'année dernière et pas cette année, alors que ses
revenus n'ont pas évolué ? Comment cette décision s'explique-t-elle de manière pragmatique ? On aimerait comprendre. Et Amina aussi. Le fonctionnement de notre
infirmerie sociale, conçue pour pallier les effets du chômage de longue durée plus que pour y remédier, est bien souvent
impénétrable.
Par Le Club Aita
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Mercredi 8 octobre 2008
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09:56
«L’informatique, moi, j’y comprends
rien. » Plusieurs personnes inscrites à l’AITA, qui participent aux réunions de notre collectif, avouent la même difficulté. « J’ai pourtant participé à une formation proposée par l’ANPE, mais
c’était trop court. Face à un ordinateur, je bloque. » Une difficulté qui n’est pas sans poser problème. Ainsi, ça fait maintenant longtemps que les petites annonces punaisées au mur ont disparu
des agences pour l’emploi, remplacées par des ordinateurs branchés sur ANPE.fr.
« Tout seul, je ne peux pas les consulter. » Et ce n’est qu’un exemple.
Recherche des offres, rédaction de CV et de lettres de motivation, entretiens d’embauche… Autant de démarches qui nécessitent dans l’idéal de maîtriser Internet et les outils bureautiques de
mise en pages, de disposer de qualités rédactionnelles, d’un bon niveau d’orthographe et de présenter des facilités d’expression orale. Bien sûr, « une bonne présentation est un plus ».
Etre un bon chercheur d’emploi, c’est non seulement un travail, mais en plus un travail hautement qualifié. Assez paradoxalement, c’est à ce travail exigeant que doivent s’astreindre des
demandeurs d’emploi qui, lorsqu’ils sont chômeurs de longue durée, ont souvent le handicap d’un faible niveau de qualification. Or l
es compétences exigées par la recherche d’emploi n’ont le plus
souvent rien à voir avec les compétences requises par le travail auquel on souhaite postuler.
Bien sûr, face à ce problème reconnu, ANPE, Missions locales et associations d’insertion proposent une aide à la réalisation de CV, des formations à l’informatique, des conseils dans la
méthodologie de recherche d’emploi et la conduite d’entretiens… Face à la pénurie d’emplois, on demande à ceux qui en sont privés non seulement de se former professionnellement, mais aussi de se
former à la recherche d’emploi.
Tout cela amène à des « parcours de retour à l’emploi » de plus en plus longs, à l’issue incertaine, et qui en attendant ne permettent pas de payer le loyer
ni les courses de la semaine.
Par Le Club Aita
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