Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /2009 08:46
La crise a pour conséquence une forte montée du chômage. Mais est-ce que le manque d’emplois n’est pas aussi une cause de la crise, initiant un beau modèle de cercle vicieux ?

La « crise » serait donc partie des Etats-Unis. Ses premiers soubresauts se sont manifestés à l’été 2007, avec les conséquences dramatiques des « subprimes », ces prêts à taux usuraires consentis à des ménages largement surendettés.

On connaît la suite : les banques découvraient, effarées, qu’elles étaient assises sur des montagnes de créances non solvables, tandis que la multiplication des maisons vacantes, pour cause d’expulsions massives, faisait éclater la « bulle immobilière » qui, depuis plusieurs années, soutenait artificiellement la croissance américaine.

Mais comment a-t-on pu en arriver là ? Un endettement des ménages massif, adossé sur les foyers les plus modestes… Une spéculation immobilière, largement appuyée sur les prêts hypothécaires, transformée en source de revenus indispensable, véritable perfusion d’une économie malade…

Cet état des lieux sinistre, de nombreux économistes le dressaient depuis déjà plusieurs années. La situation était connue ; le risque également : pourquoi avoir laissé faire ?

Tout simplement parce que la consommation des ménages était devenue outre-Atlantique le seul moteur de croissance encore en état de marche. Il fallait donc qu’il tourne à plein régime, quitte à l’alimenter par des crédits de plus en plus risqués.

Nous connaissons, en France et en Europe, les conséquences douloureuses des délocalisations. Ce phénomène existe aussi aux Etats-Unis. Un chiffre suffit à l’illustrer : celui du déficit commercial américain. En 2007, avant que la crise n’affecte la consommation (et donc les importations), ce dernier dépassait les 700 milliards de dollars par an (environ 2 milliards par jour !).

La production industrielle ne représente plus un vecteur de croissance.
Or, conséquence aggravante, cette désagrégation du tissu industriel affecte durement de nombreux ménages, qui tiraient de l’activité industrielle l’essentiel de leurs revenus.

Certes, les chiffres indiquent que durant les années 2000, la courbe du revenu des ménages a poursuivi sa progression aux Etats-Unis. Mais cet indicateur est largement faussé, car dans le même temps, les inégalités ont explosé outre-Atlantique.

C’est ce qu’indique sur son blog l’économiste Jean Gadrey : en 2006, les 10% les plus riches de la population américaine concentraient la moitié du revenu des ménages de l’ensemble du pays ! Un record absolu. Soulignons au passage un détail troublant : le précédent record (c’est-à-dire le moment où la part des revenus accaparée par les 10% les plus riches était à son niveau le plus élevé) remontait à… 1928, soit un an avant la fameuse crise de 29. Autrement dit, les périodes où les inégalités sont les plus criantes précèdent les périodes de crise majeure.

Or dans le même temps, les revenus des ménages modestes ont eux été durement attaqués : selon la même source, le pouvoir d’achat des personnes disposant pour seul revenu du salaire minimum fédéral a lui été divisé par deux entre 1968 et 2008.

A défaut de croissance d’origine industrielle, c’est sur une population économiquement fragilisée qu’a pesé l’effort de consommation requis pour maintenir la croissance économique du pays. Avec pour corollaire l’endettement, les crédits à risque, et les conséquences que l’on sait…

Le manque d’emplois, et la fragilité économique qui en découle pour les ménages concernés, fragilise l’ensemble de l’économie du pays. Dire que le chômage est une conséquence de la crise est donc insuffisant. Car le manque d’emplois en est aussi une cause. Raison de plus pour le combattre avec davantage de volonté.
Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /2009 10:51
On a d'abord parlé de crise financière. Puis de crise économique. Maintenant, pas de doute, c'est bien d'une crise de l'emploi qu'il faut parler : sur le seul mois de janvier 2009, le nombre de chômeurs en France a augmenté de 90 000. Du jamais vu. Et il n'y aurait rien à faire ?

La parole politique est décidément versatile. Il n'y a pas si longtemps, en septembre 2008, alors même que la crise financière faisait trembler sur leurs bases les grandes économies mondiales, Christine Lagarde, ministre des Finances,  saluait "la résistance du marché du travail dans un environnement défavorable". Le taux de chômage pour le deuxième trimestre 2008 venait d'être publié, établi à 7,2% en France métropolitaine. Et la ministre d'attribuer cette résistance de l'emploi "aux réformes engagées dont les gens prennent conscience et qui favorisent la valeur travail".

Changement de décor. Mars 2009, les chiffres du chômage du mois de janvier sont tombés, et ils indiquent une poussée record : 90 000 chômeurs de plus en un seul mois. La crise financière a impacté "l'économie réelle", et c'est désormais à une crise de l'emploi que sont confrontées les grandes puissances économiques.

Qui se rappelle alors de l'optimisme affiché quelques mois plus tôt par la ministre des Finances ? Certainement pas François Fillon. Le 2 mars, le Premier ministre considérait "qu'aucun plan de relance ne permettra d'éviter la crise". Mais, tempère-t-il, "les chiffres [en France] sont moins mauvais que la plupart des pays européens", ce grâce à "la politique du gouvernement".

Or, il est vrai que dans la débâcle constatée actuellement sur le front de l'emploi, certains secteurs résistent, voire progressent. Il s'agit notamment des services à la personne et des nombreux corps de métier liés à ce que l'on appelle la "croissance verte" (énergies renouvelables, isolation des bâtiments...).

Ces deux secteurs ont un point commun : ils bénéficient l'un et l'autre de fortes incitations fiscales. Chèques emplois services universels, éco-prêts, crédits ou réduction d'impôts pour les travaux d'amélioration énergétique des logements et l'emploi de personnel d'aide à domicile... stimulent la consommation de ces produits et services, et donc l'emploi dans ces secteurs.

Cela coûte-t-il cher à l'Etat ? Le responsable d'une entreprise de services à la personne, à qui la question était posée lors d'un reportage réalisé pour l'émission Capital de M6, répondait de la manière suivante : "Laisser les personnes au chômage, cela coûte bien plus cher encore."

En effet, lorsque la dépense publique a pour effet de sortir des personnes du non-emploi, l'effet de levier est immédiat : le chômage génère le versement de minima sociaux, le travail entraîne le paiement de charges salariales ; une personne sans emploi gagne peu et consomme peu, une personne avec un revenu régulier consomme davantage, au bénéfice de la fiscalité indirecte (TVA). Et on pourrait continuer longtemps comme ça...

Cependant, des précautions doivent impérativement être prises pour que ce thèorème fonctionne : d'une part, la dépense publique occasionnée doit directement être créatrice d'emplois et, d'autre part, ces emplois doivent être créés au bénéfice de chômeurs.

Signalons au passage que c'est précisément parce qu'elles ne satisfont aucune de ces exigences que les réductions de charges sur les bas salaires, par exemple, ont malgré leur coût des effets marginaux sur l'emploi.

Mais ces deux conditions pourraient tout à fait être garanties, moyennant des dispositions techniques adaptées.

C'est d'ailleurs le sens de la proposition formulée dans son livre par Patrick Valentin, vice-président de l'AITA.
Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /2009 10:56
En préalable à la soirée d'échanges organisée par l'AITA, une exposition sera installée dès le 13 mars à la Maison pour tous de Monplaisir (Angers).

Cette exposition, en huit panneaux, entend répondre à certaines idées reçues couramment entendues au sujet du chômage de longue durée.

"Les chômeurs préfèrent toucher des allocations plutôt que travailler"... "Les chômeurs ne savent pas s'y prendre pour chercher du travail"... "Les chômeurs préfèrent travailler au noir"... "On en fait déjà bien assez pour les chômeurs"...

Ces phrases, qu'on entend régulièrement au détour d'une conversation, parfois reprises par certains médias ou personnage politique, ne correspondent pas à la réalité.

Bien sûr, des exemples existent de chômeurs qui abusent, qui profitent du système. Et curieusement, ces exemples sont très souvent surmédiatisés, à l'image du célèbre Thierry F., fier d'être un "chômeur professionnel". Dans cet ordre d'idée, il a suffi d'un exemple manifeste, mais marginal, de perception indue du RMI pour que soit mis en place en urgence le contrôle du train de vie des bénéficiaires de minima sociaux.

Oui, des abus existent, mais ils demeurent anecdotiques au regard de la situation vécue par l'immense majorité des chômeurs qui, en toute bonne foi, cherchent des emplois qu'on ne veut pas créer pour eux, vivent dans la précarité économique et, souvent, la détresse morale.

Mais observer le problème du chômage de longue durée par le petit bout de la lorgnette, en stigmatisant les situations abusives pour ne pas regarder les difficultés rencontrées par la masse silencieuse des privés d'emploi, voilà qui a le mérite d'être facile et rassurant.

Les huit panneaux présentés, accessibles par l'onglet "8 idées reçus sur le chômage" (colonne de droite de ce cite) reprennent ainsi plusieurs "lieux communs" sur le chômage, et proposent un contre-argumentaire. Pour ne pas confondre victime et coupable.
Par Le Club Aita - Publié dans : Agenda
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Mardi 17 février 2009 2 17 /02 /2009 15:49
L'Association intermédiaire de travail adapté (AITA) et la Maison pour tous de Monplaisir, à Angers, organisent vendredi 20 mars à 20h30 une soirée sur le thème "Chômeurs, rassemblons-nous !"


Sur la base de témoignages, la discussion sera ouverte pour parler des causes du chômage de longue durée, mais aussi proposer des pistes de réflexion : comment lutter efficacement contre la privation d'emploi ? comment faire connaître les difficultés spécifiques des chômeurs de longue durée ? comment changer le regard de la société sur ceux qui restent exclus du monde du travail ?

Cette soirée sera précédée, dès le 13 mars, par l'exposition de plusieurs panneaux dans le hall de la Maison pour tous.

Et tout au long de l'année, l'AITA et la Maison pour tous proposent des temps d'échange, le mardi midi une fois par mois, pour poursuivre la réflexion et imaginer des actions collectives.

Renseignements : AITA, 02 41 60 33 79.
Par Le Club Aita - Publié dans : Agenda
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8 idées reçues sur le chômage

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