Vécu

Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /2008 11:08

André a une trentaine d'années d'expérience dans un métier réputé "en tension", celui de plombier-chauffagiste. Ce qui ne l'empêche pas d'être au chômage de longue durée. Son explication : "Les patrons n'embauchent qu'à un salaire de débutant." Difficile à accepter quand, à 56 ans, la retraite approche à grands pas.
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Mardi 30 décembre 2008 2 30 /12 /2008 10:49

Pascal a une reconnaissance "travailleur handicapé". Mais son handicap est léger, et les places en entreprises adaptées restent trop peu nombreuses. "Entre deux chaises", il ne trouve pas d'emploi correspondant à sa situation.
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Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /2009 16:17
Censés favoriser le retour durable à l'emploi, les contrats aidés sont souvent de simples parenthèses entre deux périodes de chômage, sans accompagnement spécifique. C'est en tout cas le constat d'Irène qui, à travers différents dispositifs, totalise plus de dix ans de contrats aidés.

Depuis le 31 décembre 2008, Irène est au chômage, après être restée trois ans en contrat d'avenir (ce qui constitue une dérogation, les contrats d'avenir étant théoriquement limités à deux ans). Ce n'est pas la première fois qu'elle fait les démarches pour s'inscrire à l'ANPE (désormais "pôle emploi"). Et ce n'est pas non plus la première fois que ce retour à la case "chômage" fait suite à un contrat aidé.

TUC (travaux d'utilité collective), CES (contrat emploi solidarité), CEC (contrat d'emploi consolidé) et donc contrat d'avenir : Irène est une "professionnelle" des dispositifs d'emploi subventionné. Destinés à reprendre pied dans le monde professionnel, à acquérir une qualification et une expérience, ces contrats sont théoriquement des "passerelles" vers le monde de l'emploi ordinaire. Dans les faits, deux tiers des bénéficiaires retombent au chômage une fois ces contrats terminés.

C'est malheureusement le cas d'Irène. "Pourtant, c'était des emplois utiles et intéressants, en bibliothèque et en maison de quartier." Irène y acquiert même de nouvelles compétences, notamment dans le classement informatique : "A la fin de mon CEC, c'est moi qui ai formé mon successeur..."

Mais pour utiles et intéressants qu'ils soient, ces emplois ont eu une fin. "Or ça n'a jamais été préparé. Je n'ai bénéficié d'aucun accompagnement. Même à l'ANPE, quand vous êtes en contrat aidé, ils ne veulent pas entendre parler de vous. Si j'avais été en CDD classique, ça n'aurait pas été différent."

Pas différent ? A voir : "En CEC, vous ne cotisez pas pour la retraite." Et les contrats aidés ne donnent en général pas droit à une prime de précarité lorsqu'ils arrivent à terme. "On dit 'contrat aidé', mais c'est à se demander qui est le plus aidé : le demandeur d'emploi ou son employeur ?"

Irène ne condamne pas cependant tout le dispositif : "Ca m'a permis de me reconstruire moralement, physiquement, car l'absence de travail est quelque chose de très dur à vivre." Mais, ajoute-t-elle, "ces contrats ne préparent pas l'avenir. On repart à zéro."
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Lundi 2 février 2009 1 02 /02 /2009 09:44
Une démarche d'accès à la formation qui échoue pour... une faute d'orthographe. Malika témoigne d'un parcours compliqué avec l'ANPE, dont les critères de sélection n'ont parfois rien à envier au monde du travail.

"C'est sûr, maintenant, je me rappellerai que le mot 'agglomération' s'écrit avec deux 'g' !" Et pour cause. Cette faute, explique Malika, lui a valu d'être recalée lors d'un test préalable à une formation de conseiller clientèle à distance, proposée par l'ANPE. "Pire qu'un entretien d'embauche !"

Cette sélectivité étrange, basée sur des critères parfois très éloignés des compétences requises par le poste visé, est typique d'un situation où l'on gère la pénurie
: beaucoup de candidats pour peu de places, avec donc la nécessité d'opérer un choix draconien, quitte à exclure pour des motifs surprenants, proches de l'arbitraire. Après tout, si vous avez face à vous une vingtaine de postulants valables pour seulement deux ou trois offres, il faut bien trouver un moyen quelconque de faire le tri !

L'hyper-sélection en vigueur dans le monde du travail s'étend donc au service public de l'emploi. Avec un facteur aggravant toutefois : c'est qu'elle s'y applique à des personnes qui, par définition, connaissent précisément des difficultés d'accès à l'emploi. Et qui auraient besoin d'un accompagnement ciblé, tenant compte de leur situation particulière.

"Lorsqu'on a contact avec l'ANPE [désormais Pôle emploi], on a l'impression qu'ils ne tiennent aucun compte de la difficulté morale du chômage de longue durée", constate Malika. "On trie, on filtre, avec parfois des avis et des conseils contradictoires."

Difficile dans ces conditions de trouver un soutien moral. "On a plutôt l'impression d'être enfoncé. Parfois, c'est un trait de caractère qui vous est reproché. Il faudrait pouvoir se contorsionner pour entrer dans les cases qu'ils demandent."

Le moule de l'employabilité présente des contours compliqués, dont il ne faudrait pas déborder. A moins d'imaginer enfin un vrai droit au travail, qui fasse de l'emploi un bien proposé à tous, et non une récompense accordée aux plus méritants (voir sur ce sujet le livre de Patrick Valentin, présenté ci-dessous).
Par Le Club Aita - Publié dans : Vécu
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8 idées reçues sur le chômage

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