La complexité de notre système de lutte contre le chômage est régulièrement pointée du doigt -- critiques auxquelles nous apportons notre voix en dénonçant notamment l'absurdité de notre infirmerie sociale. Or justement, Nicolas Sarkozy semble bien décidé à simplifier tout ça.
Le mot est à la mode. Après le Grenelle de l'environnement, c'est un Grenelle de l'insertion que le locataire de l'Elysée souhaite mettre sur les rails. But de ce grand chantier : simplifier un système d'aide à l'insertion qui compte actuellement une dizaine de contrats aidés différents, presque autant de minima sociaux, et de nombreuses structures d'encadrement qui, au mieux, peinent à harmoniser leurs services, au pire, se marchent sur les pieds... Le tout sans compter la jungle des primes à l'emploi et allègements de charges...
Pour l'instant, l'organisation de ce Grenelle est dans le vague : Nicolas Sarkozy a chargé Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives, de plancher sur le sujet, sans fixer de calendrier.
Reste que les contours du projet sont déjà connus : réfléchir à un contrat d'insertion unique, commun au public et au privé avec un seul prescripteur, et à une fusion des minima sociaux, en lien avec l'expérimentation du revenu de solidarité active.
Si une simplification du système est sans aucun doute souhaitable, elle n'est pas suffisante pour autant. Changer la forme, c'est-à-dire le cadre juridique de la politique d'insertion, très bien, mais il serait fort dommage que cette réforme ne s'intéresse pas au fond : comment mener une politique d'insertion efficace ?
Et à ce titre, le fait que les emplois aidés et les minima sociaux soient toujours à durée déterminée et/ou octroyés sous condition (de ressource, d'âge, de situation familiale, etc.) constitue selon nous la principale raison de leur manque d'efficacité.
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