Vécu

Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 10:31


Etude de marché, plan de financement... les démarches préalables à une création d'actvité peuvent être longues. Et parfois inutiles lorsqu'elles aboutissent, sans motif valable, au refus de la formation demandée pour pouvoir se lancer.
Par Le Club Aita - Publié dans : Vécu
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /2009 09:57
Samedi 17 octobre, c'était la Journée mondiale du refus de la misère. Cette journée fut l'occasion de rassemblements, dans  de nombreuses villes de France, présentant notamment le témoignage de personnes qui vivent la misère quotidiennement. La privation d'emploi est évidemment un thème récurrent de ces témoignages, comme l'illustre le texte suivant, lu par une femme privée d'emploi lors du rassemblement organisé à Angers. Un texte simple, qui explique avec sincérité la difficulté à vivre sans travail. Où l'on est très loin du mythe du chômeur "fainéant" ou "profiteur".

« J’ai 32 ans et je suis l’aînée d’une famille de neuf enfants. Chez nous ce n’était pas le grand luxe, mais mon père a toujours tout fait pour que nous ne manquions de rien. Les boulots les plus durs, dans les mines d’ardoise ou les abattoirs, il les a faits. Jusqu’à ce que son dos n’en puisse plus. Il nous a donné le goût de l’effort, et nous a appris l’honnêteté.

Aujourd’hui, c’est moi qui suis mère. J’ai trois enfants que j’élève seule. Mon père a eu des emplois très durs, moi je n’ai pas d’emploi du tout. Parfois j’ai l’impression que quand on est né du mauvais côté, ce sera toujours très difficile de trouver sa place. Il faut toujours convaincre qu’on est capable de faire quelque chose, qu’on a envie de travailler. Je sais que j’en suis capable et que j’en ai l’envie, mais encore faut-il que quelqu’un me donne ma chance !

On parle de la misère. J’ai connu la misère matérielle, celle où l’on ne sait pas ce qu’on fera à manger demain. Mais il y a aussi la misère morale, celle où l’on reste enfermée chez soi, volet tiré. Je l’ai connue aussi, certains jours, mais j’ai toujours trouvé la force d’en sortir, par le refus de donner à mes enfants l’image de la détresse, par fierté aussi.

Pour sortir de la misère, on ne demande pas l’assistance, mais la reconnaissance. Celle d’un travail qui nous permette de vivre dignement, mais aussi qui donne le sentiment d’être utile, de faire quelque chose de ses journées. Et puis il y a l’avenir. Qu’est-ce que j’aurai comme retraite plus tard ? Est-ce qu’on est condamné à galérer toute sa vie ?

Peut-être que je n’ai pas fait tout ce que j’aurais pu pour trouver un travail. Pourtant j’ai fait des emplois d’insertion, des formations. Mais il y a toujours plus d’exigences, et parfois des choses qui ne sont pas justes, comme la discrimination.
Il y a des moments où je n’y crois plus. D’autres moments où j’ai de l’espoir. Parce qu’il y a certains jours, par exemple en vacances avec mes enfants, où je me sens bien, où je connais un vrai bien-être. Dans ces moments-là, on comprend que la vie peut être autre chose que la galère. C’est ça que je veux transmettre à mes enfants. »
Par Le Club Aita - Publié dans : Vécu
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 15:29
Allocataire du RSA "ras-des-pâquerettes", Anne-Marie livre le témoignage d’une galère ordinaire, où la frontière entre précarité et grande pauvreté devient floue, seulement gardée par une discipline de vie sans faille. A condition d’en avoir la force, jour après jour.

Anciennement au RMI et maintenant au RSA (sans changement de ses revenus), Anne-Marie connaît la galère d’une situation que l’on pourrait qualifier "d’ordinaire" pour ceux dont les rentrées mensuelles se limitent aux minima sociaux. En ce mois de janvier, factures et frais payés, il lui restait 50 euros pour vivre.

Pourtant, Anne-Marie a la chance d’être logée à peu de frais : allocation déduite, il ne lui reste que 80 euros à sortir pour son appartement loué par un office HLM. Le seul problème lié à son logement demeure son chauffage, individuel au gaz, sur lequel elle a un peu trop tiré l’hiver dernier. Avec à la clé une facture de 800 euros qu’elle n’a pas encore fini de régler.

Pour ses déplacements, à défaut de permis de conduire et bien sûr de voiture, Anne-Marie fait tout en bus. Sa situation lui donne droit à une carte au tarif de 8 euros pour deux mois. Sauf lorsqu’elle est radiée de Pôle Emploi et ne peut alors plus y prétendre. "C’est arrivé l’automne dernier. Je n’avais pas pu me rendre à une convocation à cause d’un rendez-vous médical. Pourtant je les avais prévenus mais non, j’ai quand même été radiée." Pendant deux mois, elle a donc dû payer le bus au prix fort : 10,30 le carnet de dix tickets. "Avec un carnet par semaine, ça finit par compter…"

Pour ses dépenses courantes, Anne-Marie refuse de s’adresser aux associations d’aide. "J’y suis allée quand mes enfants vivaient avec moi, mais je me sentais honteuse. Maintenant que je vis seule, je préfère me débrouiller." L’acquisition d’un grand congélateur (grâce à un prêt CAF) lui permet de stocker la livraison qu’elle commande mensuellement auprès d’une entreprise de surgelés. "Faire ses courses avec le bus, ce n’est pas pratique. Ou alors il faut prendre en petite quantité et ça revient plus cher."

Pour l’habillement, c’est évidemment la règle du moindre coût. "Là je n’avais plus de chaussures. J’ai acheté une paire de bottes d’hiver en soldes. Ou sinon j’achète sur les marchés, on peut trouver des bonnes affaires. Mais bon, pour l’instant ce n’est pas possible. Je vais attendre mars ou avril, lorsque j’aurai fini de payer la facture de gaz."

Pourtant, ce n’est pas la précarité matérielle qu’elle déplore le plus. "Le pire, c’est l’ennui. C’est de ne pas sortir de chez soi, de n’avoir rien à faire." Les activités qu’elle affectionne sont nombreuses cependant : bricolage, couture… Or là aussi le manque de moyens complique les choses : "La moindre fourniture de bricolage, c’est tout de suite cher." Restent les copines, qu’elle voit de temps en temps, et une association d’entraide. "Mais bon, ça ne remplit pas la semaine…"

Si elle admet des moments de faiblesse, et même une "grosse dépression" il y a quelque temps, Anne-Marie refuse de baisser les bras. Elle reste d’un contact chaleureux, se livre, rit volontiers. Mais surtout garde l’espoir de retravailler. "Il faudra bien de toute façon. Je ne vais pas continuer comme ça toute ma vie."
Par Le Club Aita - Publié dans : Vécu
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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /2010 12:06
Cumuler salaire et RSA pour accroître ses revenus ? Sur le papier, c’est l’idée du revenu de solidarité active. Dans les faits, l’équation est tout autre pour ceux, comme Guy, qui se débattent avec des revenus d’activité irréguliers.

Guy travaille au domicile de particuliers, à Angers, pour de l’entretien et du petit bricolage. Payé en chèque emploi service, il fait partie de ces travailleurs précaires qui "bénéficient" du revenu de solidarité active mis en place en juin 2009. Il dresse un bilan très critique de ce dispositif, dont les effets semblent bien éloignés des premières intentions de son instigateur Martin Hirsch.

"Le problème, considère Guy, c’est que les effets négatifs du RSA apparaissent petit à petit, sans que personne ne vous prévienne." Au fil des mois, c’est ainsi toute une série de petits avantages qui disparaissent avec la perception de ce nouveau revenu : "Il y a d’abord eu l’allocation logement, puis le forfait téléphonique social, et ensuite l’exonération de redevance audiovisuelle et de taxe d’habitation…"

Petit à petit, la suppression de ces avantages grignote le pouvoir d’achat de Guy. Il n’est d’ailleurs pas le seul à faire ce constat, comme l’illustre ce témoignage d’une Choletaise en contrat d’insertion.
 
Mais pour lui, dont les revenus d’activités sont très irréguliers, le RSA présente d’autres inconvénients : "J’ai fait beaucoup d’heures de travail d’octobre à décembre, et j’ai actualisé ma situation en janvier. Mon RSA sera donc très faible en février et mars. Si je fais moins d’heures sur cette période, je perds à tous les niveaux…" Par comparaison, le montant de l’allocation de retour à l’emploi est lui calculé dès que les revenus du mois écoulé sont connus, évitant cet effet de décalage.

Pour Guy, le RSA distingue en fait trois publics différents : "Il y a ceux qui étaient auparavant au RMI et qui n’ont rien de plus avec le RSA, ceux qui touchent un salaire régulier proche du Smic et qui vont peut-être y gagner un petit quelque chose (peut-être contrebalancé par une perte sur la prime pour l’emploi, ndlr) et enfin ceux, comme moi, qui ont des revenus faibles et, surtout, instables. Pour nous, le RSA devrait aboutir à un tassement du total de nos revenus aux alentours de 800 à 1000 euros par mois, sans augmentation globale." Pas de quoi donc sortir de la précarité. C’était pourtant l’objectif annoncé.
Par Le Club Aita - Publié dans : Vécu
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8 idées reçues sur le chômage

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