Présentation

Nos parcours sont différents, nos histoires aussi. Notre principal point commun : être demandeur d’emploi. Malgré des expériences multiples, des formations, et évidemment une motivation sans faille, depuis des années, les portes du monde du travail restent closes face à nous. C’est pour cette raison que nous nous sommes retrouvés, un jour, à l’AITA, ou Association intermédiaire de travail adapté. «L’AITA, pour partie, fonctionne comme les agences d’intérim», nous a-t-on expliqué lors de la réunion d’inscription. «Sur ce point, on ne vous promet pas qu’on vous trouvera du travail à tous… Mais l’AITA, ce n’est pas qu’une agence d’intérim. C’est aussi une association qui s’est constituée à partir d’un constat simple : il n’est pas normal que tant de personnes, dans notre pays, soient touchées par le chômage de longue durée. Et comme on trouve que ce n’est pas normal, on souhaite le dire, et réfléchir ensemble aux moyens d’en sortir.»
C’est sur ce leitmotiv que s’est constitué le Club AITA. Au début, on ne savait pas trop ce que ça allait donner. La participation est libre : on vient quand on peut, ou quand on veut, mais la porte est ouverte. Puis rapidement, un noyau dur s’est constitué. Nos parcours sont différents, nos histoires aussi, mais on a finalement tant de choses à échanger. Les mêmes situations absurdes face aux dispositifs d’accès à l’emploi, la même lassitude face aux échecs répétés, le même sentiment, parfois, d’une discrimination. Mais aussi la même envie de ne pas baisser les bras, de crier que non, les demandeurs d’emploi ne sont ni des assistés, ni des paresseux, ni des incompétents. Ce blog est là pour ça.

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Mardi 3 juin 2008
Alors que la question de l'efficacité réelle des contrats aidés fait actuellement débat, il est une réalité qu'il est important de rappeller : un chômeur "en insertion" coûte bien moins cher qu'un chômeur tour court...

Les conclusions du Grenelle de l'insertion semblent sonner le glas du foisonnement des contrats aidés. CA, CAE, CIE, CI-RMA... la juxtaposition de ces dispositifs relève il est vrai d'une logique souvent absconce, sans intérêt par rapport au problème posé. Selon les préconisations du Grenelle, un modèle unique de contrat aidé devrait être prochainement adopté.

Ce n'est pas la première fois que ces dispositifs sont sur la sellette. Déjà fin 2007, le gouvernement annonçait une réduction drastique des effectifs dans ces types de contrat, ce qu'avait alors dénoncé de nombreuses associations.

Il est clair que les contrats aidés ont à l'heure actuelle mauvaise presse. Ce qui n'est pas sans fondement : ils coûtent cher, leurs effets à long terme sont très contestables, et ils créent des "effets d'aubaine" qui encouragent les employeurs à y recourir à la place de vraies créations d'emploi.

En fait, le principal problème de ces emplois est leur précarité : parce qu'ils sont de courte durée (et en tout cas toujours en CDD), ils n'offrent aucune garantie d'insertion de long terme. Et c'est parce qu'ils sont précaires que l'aspect "effet d'aubaine" est problématique, lorsque ces postes se substituent à de possibles CDI.

Imaginons un instant que ces contrats soient des CDI : la question de leur efficacité se poserait moins, puisqu'ils représenteraient "en soi" une insertion. Quant à la question de leur mise en concurrence avec les contrats classiques, elle pourrait être facilement écartée, en réservant ces dispositifs au seul secteur de l'insertion par l'économique (entreprises et chantiers d'insertion, associations intermédiaires, etc.), à but non lucratif.

Reste la question du coût de ces mesures. Or ce coût doit être fortement nuancé. En effet, dans le cas des contrats aidés, une partie seulement du salaire est versée par la collectivité. L'autre partie est versée par l'employeur, et donne lieu au paiement de charges sociales. Et de manière indirecte, le produit de ce salaire entraîne, lorsqu'il est dépensé, d'autres rentrées fiscales, par le biais de la TVA notamment.

Pour l'ensemble de ces raisons, la dépense publique occasionnée par ces contrats bénéficie d'un effet de levier nettement plus favorable que dans le cas du seul paiement d'indemnités chômage ou minima sociaux. Ainsi, une personne employée en contrat aidé, au final, coûte trois fois moins cher à la collectivité qu'un chômeur (6 000 euros contre 18 000 euros par an).

Les contrats aidés illustrent en fait l'écueil classique des demi-mesures : parce qu'ils ne vont pas au bout de leur logique (c'est-à-dire la création d'emplois soutenue par la collectivité), ils restent dans un entre-deux bancal (des CDD très précaires) qui ne satisfait personne et ne donne pas de résultats. La tentation est alors forte de tout laisser tomber, alors qu'au contraire, c'est en allant au bout de la démarche (par la création d'emplois aidés en CDI) que le dispositif pourrait faire la preuve de son intérêt.
Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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Jeudi 22 mai 2008
Amina, employée en contrat d'accompagnement vers l'emploi, a bénéficié il y a douze mois du versement de l'Araf (Aide à la reprise d'acitivité des femmes). Cette allocation s'adresse aux femmes (et uniquement à elles, tant pis pour les pères au foyer) qui, chômeuses non indemnisées, bénéficiaires de l'ASS ou du RMI, sont en difficulté pour organiser la garde de leur(s) enfant(s) de moins de six ans au moment où elles retrouvent un emploi.

Cette aide, d'un montant de 305 à 460 euros, est versée une fois. Au bout de douze mois, si les conditions d'élligibilité sont toujours remplies, il est possible de refaire une demande.

C'est donc ce qu'a fait Amina, étant toujours en CAE et ayant toujours des enfants à faire garder. Et c'est avec surprise qu'elle s'est heurtée à un refus de l'ANPE (gestionnaire de cette aide), au motif que l'emploi qu'elle occupe aujourd'hui est le même que celui qu'elle occupait il y a un an. Selon les explications de son conseiller, pour bénéficier à nouveau de l'Araf, il aurait fallu qu'elle change de poste entre-temps.

Cette logique d'attribution laisse perplexe, d'autant plus que l'emploi d'Amina, en CAE, est par définition précaire. Pourquoi y a-t-elle eu droit l'année dernière et pas cette année, alors que ses revenus n'ont pas évolué ? Comment cette décision s'explique-t-elle de manière pragmatique ? On aimerait comprendre. Et Amina aussi. Le fonctionnement de notre infirmerie sociale, conçue pour pallier les effets du chômage de longue durée plus que pour y remédier, est bien souvent impénétrable.
Par Le Club Aita - Publié dans : Vécu
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Mardi 20 mai 2008
L'informatique fait partie des secteurs réputés en pénurie de main-d'oeuvre. Sur la seule région Ile-de-France, 27 000 postes seraient ainsi non pourvus. Mais une étude indique que les recruteurs français restent figés sur des critères étroits, qui ferment la porte à de nombreux candidats.

L'étude a été menée fin 2007 par MS Emploi, auprès de 150 professionnels des technologies Microsoft. Ces derniers, à l'image de l'ensemble du secteur informatique, connaissent des difficultés de recrutement. Mais selon cette étude, les recruteurs restent attachés à un profil précis de candidat : jeune, hyper-diplômé et expérimenté.

Cette fixation sur un profil-type supposé idéal semble particulièrement affirmée en France. MS Emploi relève en effet que les critères d'âge et de diplômes sont nettement moins prégnants, par exemple, dans les pays anglo-saxons. Outre-Manche, les entreprises hésitent moins à miser sur la capacité d'adaptation et autres qualités pour lesquelles n'existe aucun diplôme, comme l'aptitude à travailler en équipe. Elles ouvrent aussi davantage leurs portes aux seniors, ayant intégré qu'on peut aujourd'hui avoir plus de 45 ans sans être inapte à utiliser l'outil informatique ni rétif à tout changement.

Sur la base de ce constat, Microsoft encourage clairement ses partenaires à s'ouvrir au "recrutement alternatif", c'est-à-dire à faire preuve de davantage d'ouverture d'esprit pour intégrer de nouveaux publics.

Evidemment, le secteur informatique demeure restreint aux personnes disposant d'une solide qualification. Mais ce qui est vrai dans ce secteur (qu'on pourrait pourtant supposer novateur) l'est dans les autres domaines d'activité.

Cet état de fait est régulièrement souligné par les demandeurs d'emploi inscrits à l'AITA, éconduits dans leur candidature d'embauche parce qu'ils n'ont pas "le bon profil". Cette sentence, lorsqu'elle sanctionne l'âge (ce qui est illégal) ou le manque de diplôme (y compris pour des postes peu qualifiés) correspond bien souvent à la stricte application d'une grille de lecture obsolète, archaïque.

Christian Malécot, spécialiste des ressources humaines qui, sur le site Jobetic, réagit à cette enquête, considère ainsi que "la primeur franco-française faite à l'âge et au niveau d'études est révélatrice des freins considérables au changement, dans un pays qui donne l'impression de s'arcbouter sur des privilèges et des considérations d'une autre époque". Quitte à crier à la pénurie de main-d'oeuvre, et à en accuser des chômeurs forcément fainéants...
Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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Mardi 6 mai 2008

L'idée de renforcer les sanctions vis-à-vis des chômeurs refusant les offres d'emploi qui leur sont faites suit son chemin. Début mai, la ministre de l'Economie et le secrétaire d'Etat à l'Emploi ont défini les critères d'une offre d'emploi "acceptable", c'est-à-dire qui s'impose aux chômeurs sous peine de radiation. Reste à savoir si la notion "d'acceptabilité" est la même pour tout le monde.

Deux refus : deux mois de radiation. A ce niveau-là, le barème est clair. Il pourrait s'appliquer à partir du 1er janvier 2009, lors de l'entrée en vigueur de la nouvelle convention d'assurance-chômage. Cette radiation ponctuelle, accompagnée le cas échéant de l'interruption du versement des Assedic, viendrait alors sanctionner le refus de deux offres d'emploi "acceptables".

Parmi les constestations soulevées par cette idée : cette fameuse notion "d'acceptabilité", dont les contours doivent être précisés. Début mai, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, ont avancé leur proposition : selon le projet présenté, au bout de trois mois de chômage, une offre est "acceptable" si la rémunération du poste est au moins égale à 95% du salaire antérieur. Ce taux descend à 80% au bout de six mois de recherche d'emploi. Et au bout d'un an, il suffit que la rémunération soit supérieure au montant de l'allocation chômage.

La rémunération n'est pas cependant le seul critère retenu. Pour un demandeur d'emploi au chômage depuis moins de trois mois, l'offre, pour être acceptable, doit "s'inscrire dans son projet professionnel". Passé ce délai, il suffit que l'offre soit "compatible avec ses qualifications". Et dans tous les cas, le trajet domicile-travail ne doit pas excéder 30 kilomètres, ou nécessiter un temps de transport en commun supérieur à une heure.

Le but de cette proposition est à l'évidence d'habiller d'objectivité l'appréciation de chaque offre. Or ce n'est que très partiellement le cas : on imagine mal les agents de l'ANPE vérifier systématiquement la durée de transport en commun de chaque trajet, durée par ailleurs variable en fonction des heures de la journée. Quant à la notion de "compatibilité avec les qualifications", elle ouvre la porte à de nombreuses interprétations : quid des emplois "non qualifiés", qui de fait peuvent être accessibles à tous ?

Même la notion de rémunération est plus fluctuante qu'il n'y paraît. Un célibataire sans enfant auquel on propose un emploi facilement accessible en bus ou en métro pourra accepter ce poste sans que cette reprise d'activité n'entraîne pour lui de frais importants. L'équation est tout autre pour un demandeur d'emploi qui devra organiser la garde de ses enfants (forcément payante) et prendre tous les jours sa voiture, qu'il faudra bien entretenir et ravitailler en carburant.

A moins d'imaginer une grille d'analyse d'une extrême complexité (et encore !), établir une notion d'acceptabilité objective et applicable à tous semble irréaliste. La discussion qui va s'établir sur cette question entre le gouvernement et les partenaires sociaux promet d'être houleuse pour une mesure qui, si elle se concrétise, risque de donner lieu à des contestations sans fin.

Sur le fond, et comme nous l'avons déjà écrit, l'obligation faite aux chômeurs d'accepter un emploi nous semble inique, dans la mesure où cela revient à créer un devoir (celui d'accepter un emploi) alors même que le droit correspondant (le droit à l'emploi) n'est lui pas reconnu.
Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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8 idées reçues sur le chômage

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