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Association intermédiaire, l'AITA a pour fonction d'aider des personnes loin de l'emploi à renouer avec le monde du travail, par le biais du travail temporaire. En 2007, 447 personnes se
sont adressées à l'association. L'occasion de dresser un bilan de l'action conduite, et des difficultés rencontrées.
Tout d'abord une évidence : l'association ne trouve pas de travail pour tous. Sur ceux qui se sont inscrits à l'AITA en 2007, 58% n'ont pas réalisé de mission de
travail depuis. Parfois parce que les missions proposées ne leur convenaient pas ou parce qu'ils n'étaient plus disponibles à ce moment-là. Mais c'est surtout le manque de
missions qui explique cette situation.
Quand on demande aux personnes reçues quelles sont les causes de leurs difficultés d'accès à l'emploi, c'est sans surprise le manque d'expérience (cité par 48%* d'entre elles) et
le manque de qualification (31%) qui arrivent en tête. Précisons que les réponses sont ouvertes, sans cases à cocher de type "QCM".
Si le constat est clair, il n'est pas accepté pour autant. Nombreux sont ceux qui expriment leur ras-le-bol face à une situation "où on ne (leur) permet pas de faire (leur)
preuve". Une question revient souvent : "Comment se faire une expérience si on ne me donne jamais ma chance ?"
Ces difficultés sont connues des pouvoirs publics, qui essayent depuis des années d'y apporter des réponses (contrats aidés, formation professionnelle) sans pour l'instant être parvenus à des
résultats tangibles.
D'autres difficultés sont insuffisamment prises en compte, mais également largement répandues : manque de mobilité (cité dans 24% des réponses), "handicaps" de toute
nature (27%), comme des problèmes de santé, de maîtrise de l'écrit ou de discrimination (qui de fait transforme en "handicap" des critères comme l'âge ou la couleur de
peau....).
Plus marginal, certains évoquent la difficulté à reprendre un travail après une longue période d'inactivité (congé parental, longue maladie...) ou encore le découragement.
Ce qui apparaît clair, c'est que quelle que soit la cause, certains se retrouveront toujours au-dessous de la pile de CV qui encombre le bureau des recruteurs. Et que tant que le
marché de l'emploi permettra cette grande sélectivité, leur situation ne pourra pas s'améliorer durablement.
Que faire alors pour ceux-là ? Accepter qu'ils survivent de longues années dans la précarité, voire avec les minima sociaux** ? Ou adopter enfin une politique de l'emploi ambitieuse,
basée sur un vrai contrat social respectant le "droit au travail" prévu par la déclaration des droits de l'homme ?
* Total supérieur à 100, chaque personne ayant pu donner plusieurs réponses
** 3,5 millions de personnes sont allocataires de minima sociaux en France ; 6 millions de personnes au total en vivent (conjoints et enfants
d'allocataires compris)
Une étude réalisé pour le compte de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) indique qu'un quart des salariés estime avoir subi une discrimintion, tous critères
confondus.
Réalisée auprès de 603 salariés du privé, interrogés par téléphone courant janvier, l'enquête menée par l'institut de sondages CSA annonce des résultats plutôt inquiétants :
25% des sondés estiment avoir eux-même été victime d'une discrimination. Un chiffre qui monte à 31% auprès des employés de très grande entreprise (plus de 5000 salariés).
Les critères sont multiples, l'âge et le handicap étant désignés comme les plus discriminants. Etre d'origine étrangère, syndiqué ou de sexe féminin est également ressenti
comme un motif de discrimination.
Très préoccupant également : l'attitude des victimes, qui sont 40% à ne pas avoir réagi, préférant se taire.
Fait positif : les résultats sont nettement meilleurs dans les entreprises qui se sont engagées dans une démarche active de lutte contre les discriminations (dans ces
entreprises, le nombre de personnes affimant avoir subi une discrimination descend à 17%).
Si ces chiffres sont globalement mauvais, ils ne sont pas surprenants pour autant. Ainsi, en 2007, la moitié des 6200 réclamations adressées à la Halde concernait le monde du
travail.
Et à notre niveau, au sein du Club AITA, nous avons reçu de nombreux témoignages de discrimination à
l'embauche. Chose assez surprenante : selon nos observations, la discrimination semble particulièrement présente dans certains secteurs réputés créateurs d'emploi, voire en pénurie de
main-d'oeuvre. Les personnes de couleur, même expérimentées, peinent à être embauchées dans les métiers du service à domicile ou la restauration ; dans le bâtiment, les femmes sont souvent mal
accueillies (même sur des postes ne requerrant pas de condition physique particulière).
La Halde ne se contente pas toutefois de commander des enquêtes pour mesurer l'étendue du problème. Elle mène actuellement une grande opération de "testing", multipliant les réponses à de
vraies offres d'emploi, en envoyant au même recruteur plusieurs CV similaires, seulement différenciés par le nom, l'âge ou la photo du candidat. Les résultats devraient être connus
courant mars, et risquent de faire parler d'eux : la Halde a annoncé que tout serait rendu public, y compris le nom des entreprises concernées.