Analyses

Mardi 24 avril 2007 2 24 /04 /2007 16:27
Comme nous avons déjà eu de nombreuses occasions de le rappeler, la politique publique de l'emploi consiste essentiellement à empiler différents dispositifs d'aide, au gré des alternances gouvernementales.

De ce fait, une grande partie du travail des associations d'insertion consiste à démêler les subtilités de chaque dispositif, et à monter des dossiers. L'AITA ne fait pas exception à la règle. L'un des derniers dispositifs à avoir mobilisé son attention est celui de « chantier d'insertion ».

La circulaire portant sur les chantiers d'insertion, dispositif d'insertion par l'économique, stipule, chose surprenante, que les activités créées dans le cadre d'un chantier d'insertion doivent être "non rentables", notamment pour éviter "tout effet de concurrence déloyale avec les entreprises". Drôle de conception de l'insertion par l'économique que celle qui précisément interdit de se frotter aux réalités de l'économie, en soustrayant l'activité d'insertion aux règles de la concurrence et, de fait, en la maintenant dans la dépendance des subsides publics.

Cantonner le champ de l'insertion économique dans le champ du "non rentable", c'est nécessairement la rendre dépendante des financements publics. L'autoriser à évoluer vers le bénéfice, sans effet "couperet" dans la participation financière de l’Etat permettrait à ce secteur d'évoluer vers de la création d'emplois de plus en plus auto-financés.

Rappelons que le statut d'association n'interdit pas le bénéfice, mais oblige par contre à le réinvestir dans l'objet social de l'association : raison de plus pour faire confiance à cette forme d’économie sociale.

En clair, le bénéfice financier des structures d'insertion permet de réaliser des "effets de levier", où une même somme d'argent public aboutit, à terme, à la création de plus d'emplois. Il s'agit en fait d'appliquer à l'insertion professionnelle les mêmes recettes que celles de la création de richesse dans le secteur privé. Encore faudrait-il en avoir le droit.
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /2007 10:15

Nous avons évoqué dans ce blog la proposition de Martin Hirsch, président d'Emmaüs, de créer un "revenu de solidarité active". Ce dernier va désormais pouvoir être expérimenté dans deux départements, l'Eure et la Côte-d'or.

Cette initiative, qui va dans le sens d'une rationalisation des minima sociaux et des dispositifs d'aide à l'accès à l'emploi, ne peut qu'être saluée. A voir maintenant ce que va donner ce test "grandeur nature", et surtout s'il peut être précurseur d'une application de ce principe à l'échelle nationale.

Plus de détails sur le site Actualités sociales hebdomadaires.

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Mardi 15 mai 2007 2 15 /05 /2007 15:55

Rédigé en 1981 par Bertrand Schwartz à la demande du Premier ministre Pierre Mauroy, le Rapport sur l'insertion professionnelle et sociale des jeunes a été réédité.

Rapport fondateur de la création des Missions locales (chargées de l'orientation et de l'insertion des 16-25 ans), le document était épuisé et devenu quasiment introuvable. Or, selon Annie Jeanne, présidente de l'Association nationale des directeurs de mission locale, il demeure "d'une actualité saisissante". Une indication supplémentaire, si besoin en était, que les difficultés d'aujourd'hui étaient déjà perceptibles et identifiées il y a plus de 25 ans... sans que l'action conduite en matière d'insertion n'ait pu y remédier.

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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /2007 09:48

La nomination de Martin Hirsch "haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté" ouvre la voie à la suppression du RMI, qui serait remplacé par le revenu de solidarité active. Pour quel bénéfice ?

Du stade expérimental, le revenu de solidarité active (RSA), déjà évoqué sur ce blog, pourrait bien, dans un avenir proche, devenir le nouveau dispositif de référence dans l'attribution des minima sociaux. Raison de ce coup d'accélérateur : la nomination de Martin Hirsch, théoricien du RSA, à la nouvelle fonction de "haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté".

Cité dans Libération, Martin Hirsch, qui était auparavant président d'Emmaüs France, juge que "le RMI est totalement dépassé", car "il enferme les personnes dans des situations d'exclusion du monde du travail et les maintient dans la pauvreté". C'est l'effet "trappe à inactivité" du RMI : lorsque la reprise d'une activité, notamment à temps partiel, entraîne à la fois la suppression des prestations sociales et l'apparition de nouvelles dépenses (frais de transport, garde des enfants...), le bénéfice pour le ménage est faible, voire nul...

L'idée du revenu de solidarité active, c'est de supprimer ces effets de seuil par l'application d'une dégressivité très progressive des minima sociaux en cas de reprise d'activité, afin que chaque heure travaillée se traduise par une augmentation réelle du pouvoir d'achat.

En adaptant le versement des minima sociaux au plus près des besoins des familles, l'idée du RSA va incontestablement dans le bon sens. Va-t-il assez loin cependant ? C'est déjà moins sûr. Car ne pas décourager les bénéficiaires des minima sociaux à reprendre un emploi est une chose ; leur trouver un emploi en est une autre...

S'il peut supprimer un frein à la recherche d'emploi, le RSA reste cependant engoncé dans la logique de "passerelle", qui renvoie au secteur privé la responsabilité de créer de l'emploi en se contentant de dégripper les rouages. Une approche selon nous insuffisante et inadaptée aux difficultés réelles.

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