Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /2009 14:11
Les chiffres officiels du chômage établis au titre du mois de juin 2009 font apparaître une baisse inattendue du nombre des inscrits à Pôle Emploi en catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité professionnelle et disponibles de suite. Par contre, le nombre des inscrits en catégorie B et C est lui en hausse. Un prélude de "l'effet RSA" ?

La baisse est légère, mais c'est tout de même une baisse : au mois de juin 2009, le nombre des inscrits à Pôle Emploi en catégorie A (c'est-à-dire les demandeurs d'emploi n'ayant aucune activité professionnelle et disponibles sans délai pour travailler) était en repli de 0,7%. Un chiffre pour le moins surprenant, alors même que la crise économique est encore bien présente, et ses effets sur l'emploi avec elle.

Toutefois, si le nombre d'inscrits en catégorie A est le seul à être pris en compte pour établir le taux de chômage "officiel", il ne saurait faire oublier que Pôle Emploi recense également cinq autres catégories de chômeurs. Dont les effectifs sont eux en hausse.

C'est notamment le cas des catégories B et C. Celles-ci englobent les demandeurs d'emploi qui exercent une activité à temps partiel de moins de 78 heures par mois pour les premiers (catégorie B) ou de plus de 78 heures par mois pour les seconds (catégorie C). Au total, les inscrits dans ces deux catégories étaient à la fin du mois de juin 27 800 de plus qu'à la fin du mois de mai. Ceci alors même que les activités saisonnières d'été n'impactent pas encore les statistiques, car devenant significatives sur les mois de juillet-août.

Un peu moins de chômeurs "à temps plein" et plus de chômeurs "à temps partiel" : telle pourrait être la synthèse des chiffres du chômage pour le mois de juin. Or curieusement, il se trouve que c'est aussi en juin qu'a été généralisé le revenu de solidarité active (RSA). Coïncidence ? Sans doute, car un rapport de cause à effet pourrait difficilement être suspecté sur un laps de temps aussi court : on sait que les effets des politiques économiques sur l'emploi se manifestent sur des échéances beaucoup plus longues. De plus les premiers paiements effectués au titre du RSA l'ont été en juillet, et on sait par ailleurs que le raz-de-marée d'inscription qui était attendu du côté des "travailleurs pauvres" n'a pas eu lieu...

Toutefois, on ne peut que constater qu'en apportant un complément de revenu aux personnes en situation d'emploi précaire (dont beaucoup travaillent à temps partiel), le RSA s'inscrit pleinement dans l'ère du temps : le travail est de plus en plus émietté, et il convient donc d'imaginer des dispositifs pour pallier aux effets de cette situation, à savoir l'accroissement de la pauvreté.

S'il devait conforter cette tendance, le RSA pourrait-il être considéré comme un outil efficace de lutte contre le chômage ? Rien n'est moins sûr. Sauf à se satisfaire d'une baisse de la seule catégorie A...
Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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Mardi 30 juin 2009 2 30 /06 /2009 11:19
Nous ne manquons pas sur ce blog une seule occasion de dénoncer le dogme selon lequel la "croissance" serait le préalable indispensable à toute reprise de l'emploi. C'est cette fois d'outre-Manche que nous arrive un nouvel argument, avec la publication d'un rapport au titre évocateur : "La prospérité sans la croissance". Or son auteur n'a rien d'un altermondialiste illuminé, puisque ledit rapport émane du très officiel commissariat britannique au développement durable.

La notion de développement durable ne se résume pas aux seuls aspects environnementaux : pour être "durable", le développement doit aussi intégrer les enjeux économiques et sociaux. Et donc la question de l'emploi. Or si l'on admet que la croissance est néfaste pour la préservation des ressources naturelles (on le voit bien, par exemple, avec l'épuisement des réserves pétrolières), le développement durable se doit d'imaginer des modèles qui garantissent et dynamisent l'emploi tout en se passant de la croissance telle que nous l'entendons par sa définition courante.

Comment le développement durable peut-il satisfaire ces enjeux réputés contradictoires ? La piste évoquée par ce rapport est celle de la réduction du temps de travail. A noter que cette piste est en effet privilégiée par certains économistes, comme Pierre Larrouturou, auteur du livre récemment sorti "Crise, la solution interdite" (lire la présentation du livre sur le site Marianne2).

D'autres économistes, comme Jean Gadrey, considèrent que la solution passe notamment par le développement de nombreux emplois de proximité à forte plus-value sociale.

Dans tous les cas, ces différentes contributions partent du constat suivant :
a) l'histoire récente de nos sociétés montre que la croissance ne permet pas de garantir le plein-emploi (la crise économique actuelle illustre même la fragilité de ce modèle)
b) les enjeux environnementaux ne nous permettent pas de rêver d'une croissance économique soutenue et éternelle.

Pourtant, nos politiques restent attachés à leurs vieilles lunes et, à défaut de croissance, se contentent d'objectifs modestes, comme "ralentir l'accélération de la hausse du chômage". Le contexte serait pourtant hautement favorable à des expérimentations plus ambitieuses. Qu'attendons-nous ?
Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /2009 16:07

Environ neuf mois après la promulgation de la loi sur les droits et devoirs des chômeurs, qui se souvient encore de l'obligation d'accepter toute "offre raisonnable d'emploi" ? Pour rappel, ce texte a défini des critères précis (rémunération, éloignement) permettant de considérer qu'une offre d'emploi est "raisonnable". Et si un chômeur refuse deux offres "raisonnables", c'est la radiation.

En juillet dernier, nous avions souligné le caractère ridicule de cette disposition : comme si les demandeurs d'emploi avaient besoin d'être menacés pour accepter une offre, et a fortiori une offre "raisonnable" !

Neuf mois après l'entrée en vigueur de la loi, faisons le bilan : quelqu'un connaît-il une seule personne ayant été radiée pour ce motif ? Un permanent du MNCP nous disait récemment que sur toute la France, seulement quatre radiations de cette nature avaient été effectuées. Autant dire une goutte d'eau au regard des radiations réalisées pour non-présentation à un entretien ou défaut d'actualisation de situation...

Ce constat est riche d'enseignements. La loi induisait que les "offres d'emploi raisonnables" étaient nombreuses et que beaucoup de chômeurs préféraient les refuser (sinon pourquoi légiférer sur ce sujet ?). On voit bien aujourd'hui que ce présupposé était faux : les chômeurs veulent travailler, mais il n'y a tout simplement pas "d'offre raisonnable" à leur proposer.

Certains souligneront qu'entre l'adoption de la loi et la situation actuelle, la crise est passée par là et a grandement changé la donne. Ce n'est pas tout à fait exact : la faillite de Lehman Brothers a eu lieu le 15 septembre 2008 (donc avant la promulgation de la loi) et "la Crise" faisait  depuis plusieurs semaines la Une des journaux. Certes il était difficile à l'époque de prévoir l'ampleur exacte de ses répercussions sur l'emploi, mais on peut tout de même espérer que certains haut fonctionnaires avaient vaguement anticipé qu'elle aurait quelques répercussions dans ce domaine. Ou alors il est urgent de faire un audit sur le niveau des formations dispensées à l'ENA et à Science-po.

Si le gouvernement avait supposé que la crise puisse invalider l'intérêt de cette loi, il aurait pu facilement en différer l'application. Ce d'autant plus que son entrée en vigueur était initialement prévue au 1er janvier 2009. Or que s'est-il passé ? Laurent Wauquiez, dans une interview parue le 10 septembre dans La Tribune, indiquait que finalement le décret d'application paraîtrait "fin septembre". Crise ou pas crise, il était d'urgent de pousser ces fainéants de chômeurs à se mettre au travail. Raté.
Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 10:31


Etude de marché, plan de financement... les démarches préalables à une création d'actvité peuvent être longues. Et parfois inutiles lorsqu'elles aboutissent, sans motif valable, au refus de la formation demandée pour pouvoir se lancer.
Par Le Club Aita - Publié dans : Vécu
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8 idées reçues sur le chômage

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