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Destinataire de notre lettre ouverte envoyée à différents ministres pour dénoncer les incohérences de la politique d'aide à l'emploi, Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, nous écrit.
Dans son courrier, l'ancien président d'Emmaüs France rappelle que les dispositifs d'insertion relèvent du ministère de Christine Lagarde, en charge de l'Economie, des Finances et de l'Emploi. Il ne se dédouane pas cependant, puisqu'il précise qu'il est "chargé de piloter avec elle la réforme des contrats aidés". "Je serai attentif à ce que les dispositifs en faveur de l'insertion soient mobilisés, comme il convient dans ce domaine", ajoute-t-il.
Martin Hirsch mentionne également qu'il est bien conscient que "le secteur de l'insertion connaît des difficultés budgétaires". Il relève ainsi qu'un rapport intitulé "Lever les obstacles aux promesses de l'IAE" (insertion par l'activité économique) a été récemment présenté, pointant des insuffisances "similaires à celles que vous dénoncez". Ainsi, "l'augmentation des crédits publics dédiés à l'insertion par l'activité économique figure parmi les premiers objectifs des scénarios de réforme qui sont esquissés".
Preuve de son soutien aux acteurs de l'insertion, le haut commissaire évoque sa proposition d'élargir les réductions d'ISF (impôt sur la fortune) accordées en contrepartie de donations. Actuellement limitée aux dons au profit de fondations ou d'établissements de recherche, ainsi qu'au versement au capital de PME, cette réduction d'ISF pourrait, selon la proposition de Martin Hirsch, s'ouvrir aux dons effectués en faveur des entreprises ou associations d'insertion.
"C'est un premier pas, certes insuffisant, mais qu'il faut souligner. Vous pouvez compter sur ma mobilisation et ma vigilance sur ce sujet", conclut Martin Hirsch, que nous tenons à remercier pour la précision de cette réponse.
Suite au refus reçu lors de notre demande de création d'un chantier d'insertion, nous avons envoyé une lettre ouverte à un panel de ministres (Travail, Emploi, Immigration...). Avec déjà quelques réponses.
C'est pour dénoncer le décalage entre les grandes annonces et la réalité du terrain qu'une lettre ouverte a été envoyée à différents ministres du gouvernement Fillon. Ce décalage s'est manifesté de façon frappante à l'occasion du projet de développement des chantiers d'insertion.
En effet, la circulaire précisant les contours de ce projet promettait le déploiement d'importants moyens dédiés aux chantiers d'insertion -- or la réponse reçue suite à la demande de création d'un chantier d'insertion par l'AITA évoque elle des moyens en forte diminution.
Parmi les réponses à ce courrier, celle du ministère de Brice Hortefeux (Immigration, Intégration, Identité nationale, co-Développement) proposait un rendez-vous avec l'un de ses collaborateurs, à la date du jeudi 26 juillet.
Ladite rencontre fera l'objet d'un compte-rendu par ailleurs, mais on ne peut que remercier les services du ministère concerné pour leur invitation -- d'autant plus que les autres réponses reçues se bornent à de polis accusés de réception.
Affaire à suivre...
Durant le premier semestre 2007, 180 000 personnes sont entrées en activité par le biais d'un emploi aidé. Un chiffre que le gouvernement souhaite ramener à 130 000 au second semestre.
Principal contrat concerné : le contrat d'accompagnement vers l'emploi, subventionné jusqu'à 95% du SMIC. 134 000 contrats de ce type ont été signés durant les six premiers mois de l'année -- ils ne devraient être que 86 000 dans les six prochains mois.
Ces restrictions s'inscrivent dans le cadre plus général de la politique de l'emploi du gouvernement, et notamment la défiscalisation des heures supplémentaires. Cette dernière, qui sera effective dès octobre 2007, aura un coût total de six milliards d'euros pour les années 2007 à 2009, selon la commission des finances de l'Assemblée.