Mardi 15 janvier 2008 2 15 /01 /2008 14:46
Dans notre traitement sectorisé du chômage, où l'on cherche à tout prix à faire rentrer le demandeur d'emploi dans une case (l'ensemble des cases dessinant ce qu'il est convenu d'appeler le parcours d'insertion), il est une catégorie qui, par définition, pose problème : celle des "sans catégorie".
Que faire de ceux qui, faute de qualification ou expérience significative, se retrouvent au chômage sans savoir où chercher, prêts à accepter "toute proposition" ? La difficulté posée par ces personnes apparaît avec une acuité évidente lorsqu'elles ont un besoin urgent de trouver du travail : "Je n'ai pas de formation ou de diplôme, mon CV ne vaut pas grand-chose mais je suis plein de bonne volonté et j'ai besoin de travailler tout de suite, dans n'importe quel emploi." Prononcez une telle phrase à un agent ANPE ou chargé d'insertion, et il est probable que vous le voyiez s'enfoncer dans sa chaise. Répondre à une telle demande, notre société hyper-administrée ne sait pas le faire. Trop de champs ne sont pas renseignés : ça provoque un bug dans le système. 
Le gros problème, c'est que lorsqu'on a besoin de travailler, c'est rarement par caprice. Un loyer qui ne peut plus attendre, des factures urgentes... Autant d'impératifs auxquels les traditionnels bilans de compétence, offres de stage ou de formation n'apportent pas de réponse satisfaisante. "J'ai besoin d'argent et donc d'un travail MAINTENANT." Nous évoquions le parcours d'insertion : comment passer directement de la case "départ" à la case "arrivée", quand tout est fait justement pour gérer la pénurie d'emplois via un chemin long et fastidieux, ponctué de voies de garage qui, au moins, permettent de sortir un bilan statistiquement acceptable de la lutte contre le chômage, à défaut d'être satisfaisant pour les demandeurs d'emploi. 
Nous sommes tellement habitués à un contexte de chômage de masse que l'emploi est maintenant perçu comme une pépite rare, qui se mérite au terme d'une quête digne des chansons de geste, le lyrisme en moins et la rancoeur en plus. Nous évoquions les agents ANPE et les chargés d'insertion, mais les chômeurs eux-mêmes ont intégré cette logique : "J'espère obtenir un CDD..." Un CDI ? Faut pas rêver.
"Je suis prêt à accepter toute proposition." Les chômeurs sont parfois accusés de faire la fine bouche ? La plupart ont compris qu'il ne fallait pas être exigeant, surtout quand leur CV ne fait pas le poids. Mais cette absence d'exigence traduit une urgente nécessité de travailler. Comment y répondre ? Comment rétablir dans l'acte d'emploi une peu de simplicité, sans exiger des tonnes de références et de diplômes souvent peu utiles au regard du travail à effectuer ? Pour que lorsqu'un chômeur exprime le besoin urgent de travailler, on puisse simplement le prendre au sérieux, sans lui donner l'impression qu'il demande la lune...
Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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Commentaires

Mouahahaha... arf ! À l'ANPE pour trouver un emploi... la bonne blague ! Il n'y pas d'emploi à l'ANPE (pas de sérieux en tout cas). Par contre si on veut une formation "C.V.", "Lettre de Motivation", "Entretien", etc. là, on est servi... jusqu'à ne plus en pouvoir, jusqu'à en vomir...
Commentaire n°1 posté par À la quête d'un emploi le 19/02/2008 à 22h02

8 idées reçues sur le chômage

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