Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /2008 17:20
Le revenu de solidarité active (RSA), expérimenté depuis quelques mois dans 34 départements, va être au centre d'un important débat public, en marge notamment du Grenelle de l'insertion. 

L'objectif est d'évaluer le dispositif, d'en affiner les contours (durée d'allocation, gestionnaire du dispositif...) avant sa possible généralisation en 2009. Le RSA pourrait à terme remplacer différents minima sociaux, dont le RMI mais aussi l'API (allocation parent isolé) ou encore l'ASS (allocation spécifique de solidarité, pour les chômeurs en fin de droits). 

Le principe du RSA est que chaque heure travaillée apporte un gain de pouvoir d'achat -- le but est d'éviter les effets négatifs de la dégressivité "par seuil" des prestations sociales, qui fait qu'on peut perdre de l'argent en reprenant une activité professionnelle. 

Par exemple, un RMIste qui trouverait un travail à mi-temps payé au SMIC pourrait conserver une allocation mensuelle de 237 euros au titre du RSA.

Le but de ce dispositif est bien sûr d'éviter l'effet "trappe à pauvreté" des minima sociaux, c'est-à-dire la difficulté d'accroître réellement ses revenus par exemple lorsqu'on perçoit le RMI et qu'on ne trouve comme travail que des activités à temps partiel ou des missions d'intérim.

En supprimant cet écueil, le RSA entend dynamiser l'emploi, car les allocataires de minima sociaux sont par ce système davantage motivés à trouver un travail.

Le RSA, s'il devait être généralisé, apporterait peut-être un mieux, mais il ne remet pas en cause fondamentalement le principe du couple "travail-allocations".

En effet, si on reprend l'exemple précédent, un travail au SMIC à mi-temps plus le RSA représenteront un revenu mensuel de 737 euros. Par comparaison, un SMIC à plein-temps, c'est 1000 euros. La différence de revenus entre un mi-temps et un plein temps est, du fait du RSA, faible : 263 euros.

On peut prendre le problème par tous les bouts : apporter une compensation à des revenus du travail trop faibles est toujours insatisfaisant. Seules de vraies créations d'emploi, à hauteur des besoins et correctement rémunérées, peuvent apporter une solution durable à la précarité.
Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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