Mardi 20 mai 2008
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L'informatique fait partie des secteurs réputés en pénurie de main-d'oeuvre. Sur la seule région Ile-de-France, 27 000 postes seraient ainsi non pourvus. Mais une étude indique que les
recruteurs français restent figés sur des critères étroits, qui ferment la porte à de nombreux candidats.
L'étude a été menée fin 2007 par MS Emploi, auprès de 150 professionnels des technologies Microsoft. Ces derniers, à l'image de l'ensemble du secteur informatique, connaissent des difficultés de
recrutement. Mais
selon cette étude, les recruteurs restent attachés à un profil précis de candidat : jeune, hyper-diplômé et expérimenté.
Cette fixation sur un profil-type supposé idéal semble particulièrement affirmée en France. MS Emploi relève en effet que les
critères d'âge et de diplômes sont nettement moins prégnants, par
exemple, dans les pays anglo-saxons. Outre-Manche, les entreprises hésitent moins à miser sur la capacité d'adaptation et autres qualités pour lesquelles n'existe aucun diplôme, comme
l'aptitude à travailler en équipe. Elles ouvrent aussi davantage leurs portes aux seniors, ayant intégré qu'on peut aujourd'hui avoir plus de 45 ans sans être inapte à utiliser l'outil informatique
ni rétif à tout changement.
Sur la base de ce constat, Microsoft encourage clairement ses partenaires à s'ouvrir au "recrutement alternatif", c'est-à-dire à
faire preuve de davantage d'ouverture d'esprit pour intégrer de
nouveaux publics.
Evidemment, le secteur informatique demeure restreint aux personnes disposant d'une solide qualification. Mais ce qui est vrai dans ce secteur (qu'on pourrait pourtant supposer novateur) l'est dans
les autres domaines d'activité.
Cet état de fait est régulièrement souligné par les demandeurs d'emploi inscrits à l'AITA, éconduits dans leur candidature d'embauche parce qu'ils n'ont pas "le bon profil". Cette sentence,
lorsqu'elle sanctionne l'âge (ce qui est illégal) ou le manque de diplôme (y compris pour des postes peu qualifiés) correspond bien souvent à la stricte application d'une
grille de lecture
obsolète, archaïque.
Christian Malécot, spécialiste des ressources humaines qui, sur le site
Jobetic, réagit à cette enquête, considère ainsi
que "la primeur franco-française faite à l'âge et au niveau d'études est révélatrice des freins considérables au changement, dans un pays qui donne
l'impression de s'arcbouter sur des privilèges
et des considérations d'une autre époque". Quitte à crier à la pénurie de main-d'oeuvre, et à en accuser des chômeurs forcément fainéants...