Présentation

Nos parcours sont différents, nos histoires aussi. Notre principal point commun : être demandeur d’emploi. Malgré des expériences multiples, des formations, et évidemment une motivation sans faille, depuis des années, les portes du monde du travail restent closes face à nous. C’est pour cette raison que nous nous sommes retrouvés, un jour, à l’AITA, ou Association intermédiaire de travail adapté. «L’AITA, pour partie, fonctionne comme les agences d’intérim», nous a-t-on expliqué lors de la réunion d’inscription. «Sur ce point, on ne vous promet pas qu’on vous trouvera du travail à tous… Mais l’AITA, ce n’est pas qu’une agence d’intérim. C’est aussi une association qui s’est constituée à partir d’un constat simple : il n’est pas normal que tant de personnes, dans notre pays, soient touchées par le chômage de longue durée. Et comme on trouve que ce n’est pas normal, on souhaite le dire, et réfléchir ensemble aux moyens d’en sortir.»
C’est sur ce leitmotiv que s’est constitué le Club AITA. Au début, on ne savait pas trop ce que ça allait donner. La participation est libre : on vient quand on peut, ou quand on veut, mais la porte est ouverte. Puis rapidement, un noyau dur s’est constitué. Nos parcours sont différents, nos histoires aussi, mais on a finalement tant de choses à échanger. Les mêmes situations absurdes face aux dispositifs d’accès à l’emploi, la même lassitude face aux échecs répétés, le même sentiment, parfois, d’une discrimination. Mais aussi la même envie de ne pas baisser les bras, de crier que non, les demandeurs d’emploi ne sont ni des assistés, ni des paresseux, ni des incompétents. Ce blog est là pour ça.

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Mardi 24 juin 2008
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? A la lecture de certains intitulés de profils de poste concoctés par l'ANPE, on peut se poser la question. Et si la formulation de ce type de document avait pour but d'opérer une première sélection ?

Parmi les horizons professionnels recherchés par les demandeurs d'emploi, celui d'ouvrier en secteur industriel figure en bonne place. Pas étonnant dès lors que chaque offre dans ce domaine suscite une avalanche de candidatures. Comment réaliser une première sélection dès la parution de l'offre en question ? Facile : en complexifiant à l'extrême l'intitulé du poste.

Soit donc une offre pour une formation qualifiante proposée par l'ANPE, destinée à être prolongée par un emploi.  Les compétences que les candidats doivent avoir acquises à l'issue de la formation sont libellées de la manière suivante : "Etre capable d'expliquer les principes technologiques du travail des viandes et des coproduits, et d'interpréter une fiche technique de production à l'aide de connaissances scientifiques et techniques simples." Ou encore : "Etre capable de maîtriser les opérations et les gestes d'un poste principal de travail, et de les adapter aux variations de production." Et plus loin : "Etre capable de mobiliser des connaissances mathématiques en vue de résoudre des problèmes simples de la vie sociale et professionnelle." Voilà quelques exemples d'items d'un référentiel qui en compte sept...

De quel emploi peut-il donc s'agir, pour nécessiter un savoir aussi savamment décrit et, osons le dire, quelque peu intimidant ? A l'image du "technicien du surface" substitué au balayeur, c'est ici d'un poste "d'ouvrier polyvalent du travail industriel des viandes" qu'il s'agit, c'est-à-dire, en termes vulgaires, ouvrier dans l'agro-alimentaire.

Difficile de comprendre en quoi ce type d'emploi nécessite de "mobiliser des connaissances mathématiques" destinées à "résoudre des problèmes simples de la vie sociale et professionnelle". A moins que cette phrase, aussi pompeuse soit-elle, n'ait pour unique fonction d'indiquer que les employés à ce poste doivent savoir faire preuve de bon sens...

La pénurie d'emplois dans le milieu industriel est telle qu'elle impose aux candidats un véritable parcours du combattant, avec pour façade et critère de tri l'adaptation à des tâches qui, du temps du plein emploi, étaient apprises sur le tas. Là, la simple lecture des qualifications requises suffit probablement à décourager un grand nombre de personnes, pourtant sans doute capables de s'acquitter très correctement du travail demandé. Mais c'est toujours ça de moins comme CV à éplucher...
Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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