Mercredi 21 janvier 2009 3 21 /01 /2009 16:17
Censés favoriser le retour durable à l'emploi, les contrats aidés sont souvent de simples parenthèses entre deux périodes de chômage, sans accompagnement spécifique. C'est en tout cas le constat d'Irène qui, à travers différents dispositifs, totalise plus de dix ans de contrats aidés.

Depuis le 31 décembre 2008, Irène est au chômage, après être restée trois ans en contrat d'avenir (ce qui constitue une dérogation, les contrats d'avenir étant théoriquement limités à deux ans). Ce n'est pas la première fois qu'elle fait les démarches pour s'inscrire à l'ANPE (désormais "pôle emploi"). Et ce n'est pas non plus la première fois que ce retour à la case "chômage" fait suite à un contrat aidé.

TUC (travaux d'utilité collective), CES (contrat emploi solidarité), CEC (contrat d'emploi consolidé) et donc contrat d'avenir : Irène est une "professionnelle" des dispositifs d'emploi subventionné. Destinés à reprendre pied dans le monde professionnel, à acquérir une qualification et une expérience, ces contrats sont théoriquement des "passerelles" vers le monde de l'emploi ordinaire. Dans les faits, deux tiers des bénéficiaires retombent au chômage une fois ces contrats terminés.

C'est malheureusement le cas d'Irène. "Pourtant, c'était des emplois utiles et intéressants, en bibliothèque et en maison de quartier." Irène y acquiert même de nouvelles compétences, notamment dans le classement informatique : "A la fin de mon CEC, c'est moi qui ai formé mon successeur..."

Mais pour utiles et intéressants qu'ils soient, ces emplois ont eu une fin. "Or ça n'a jamais été préparé. Je n'ai bénéficié d'aucun accompagnement. Même à l'ANPE, quand vous êtes en contrat aidé, ils ne veulent pas entendre parler de vous. Si j'avais été en CDD classique, ça n'aurait pas été différent."

Pas différent ? A voir : "En CEC, vous ne cotisez pas pour la retraite." Et les contrats aidés ne donnent en général pas droit à une prime de précarité lorsqu'ils arrivent à terme. "On dit 'contrat aidé', mais c'est à se demander qui est le plus aidé : le demandeur d'emploi ou son employeur ?"

Irène ne condamne pas cependant tout le dispositif : "Ca m'a permis de me reconstruire moralement, physiquement, car l'absence de travail est quelque chose de très dur à vivre." Mais, ajoute-t-elle, "ces contrats ne préparent pas l'avenir. On repart à zéro."
Par Le Club Aita - Publié dans : Vécu
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8 idées reçues sur le chômage

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