| Février 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | ||||
| 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | ||||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | ||||
| 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | ||||
|
||||||||||
En tête de cortège, vendredi 1er mai, se trouveront certainement les salariés de Caterpillar ou Continental. Les grands leaders syndicaux seront à leurs côtés, vent debout contre les délocalisations et fermetures d'usine réalisées au bénéfice des actionnaires sans même que la survie de l'entreprise (ni d'ailleurs ses profits) ne soit menacée.
Bien sûr, de telles fermetures sont inacceptables. Bien sûr, la destruction d'emplois industriels, lorsqu'elle fait écho à des préoccupations boursières qui méprisent la "valeur travail", est insupportable.
Mais ces plans sociaux spectaculaires, qui "bénéficient" des faveurs des médias, demeurent l'arbre qui cache la forêt. De l'aveu même de Geoffroy Roux de Bézieux, président de l'Unedic interviewé sur RTL, "les licenciements économiques qui font la Une de l'actualité, c'est à peu près 10% des chômeurs [nouvellement inscrits à Pôle emploi]." Les autres ? "Ce sont les fins de CDD, les fins d'intérim, les jeunes."
Bref, tous ceux dont on ne parle (presque) jamais, et qui le plus souvent n'apparaissent même pas dans les statistiques car, d'un petit boulot à l'autre, travaillent "trop" pour apparaître dans la catégorie A des demandeurs d'emploi, c'est-à-dire la seule à être prise en compte dans les chiffres officiels.
Ainsi, notre organisation syndicale et sociale, et par conséquent le discours médiatique, accordent beaucoup plus d'importance à ceux qui perdent leur emploi qu'à ceux qui n'en trouvent jamais. Il serait bien sûr ridicule, et totalement hors de propos, de dresser les uns contre les autres. Un simple glissement sémantique suffirait d'ailleurs à englober ces situations diverses : au lieu de "protection de l'emploi", parlons de "droit à l'emploi"... au lieu de "fête du travail" (terme qui par essence s'adresse à ceux qui ont un travail), parlons de "fête de l'emploi" !