Mardi 30 juin 2009
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Nous ne manquons pas sur ce blog une seule occasion de dénoncer le dogme selon lequel la "croissance" serait le préalable indispensable à toute reprise de l'emploi. C'est cette fois d'outre-Manche
que nous arrive un nouvel argument, avec la publication d'un
rapport au titre évocateur : "La prospérité sans la croissance". Or son auteur n'a rien
d'un altermondialiste illuminé, puisque ledit rapport émane du très officiel commissariat britannique au développement durable.
La notion de développement durable ne se résume pas aux seuls aspects environnementaux : pour être "durable", le développement doit aussi intégrer les enjeux économiques et sociaux. Et donc la
question de l'emploi. Or si l'on admet que la croissance est néfaste pour la préservation des ressources naturelles (on le voit bien, par exemple, avec l'épuisement des réserves pétrolières),
le développement durable se doit d'imaginer des modèles qui garantissent et dynamisent l'emploi tout en se passant de la croissance telle que nous
l'entendons par sa définition courante.
Comment le développement durable peut-il satisfaire ces enjeux réputés contradictoires ? La piste évoquée par ce rapport est celle de la réduction
du temps de travail. A noter que cette piste est en effet privilégiée par certains économistes, comme Pierre Larrouturou, auteur du livre récemment sorti "Crise, la solution interdite" (lire la
présentation du livre sur le site Marianne2).
D'autres économistes, comme
Jean
Gadrey, considèrent que la solution passe notamment par le
développement de nombreux emplois de proximité à forte plus-value sociale.
Dans tous les cas, ces différentes contributions partent du constat suivant :
a) l'histoire récente de nos sociétés montre que la croissance ne permet pas de garantir le plein-emploi (la crise économique actuelle illustre même la fragilité de ce modèle)
b) les enjeux environnementaux ne nous permettent pas de rêver d'une croissance économique soutenue et éternelle.
Pourtant, nos politiques restent attachés à leurs vieilles lunes et, à défaut de croissance, se contentent d'objectifs modestes, comme "
ralentir l'accélération de la hausse du chômage". Le contexte serait pourtant hautement favorable à des expérimentations plus
ambitieuses. Qu'attendons-nous ?