Mardi 22 septembre 2009
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Face à la crise actuelle, l'objectif premier de la politique conduite par le gouvernement peut se résumer en une phrase : rétablir la croissance.
Le retour
de la croissance, suppose-t-on, permettra de réduire le chômage, d'améliorer le pouvoir d'achat, bref, de favoriser le bien-être général.
Mais la croissance est-elle le bon indicateur pour mesurer l'état de prospérité d'une population donnée ? Telle qu'elle est calculée actuellement, sur la seule base du produit intérieur brut,
la réponse est clairement non. C'est ce que confirme en tout cas une étude dont les résultats ont été publiés par l'hebdomadaire
L'Express.
Cette étude a établi un classement des régions françaises à partir d'un indicateur appelé "indicateur de santé sociale".
Outre la seule création
de richesse, cet indice prend en compte le taux de chômage, la sécurité, l'espérance de vie, le lien social, etc. Et selon cet indice, la région qui arrive en tête du palmarès est... le Limousin.
L'Ile-de-France de son côté, première en termes de création de richesse, pointe elle à la 17e place.
Si l'on considère que les effets les plus durs de la crise se manifestent par le "mal-être" des personnes qui y sont confrontées,
il y a un côté absurde à
vouloir y répondre en privilégiant un indicateur (la croissance du PIB) aussi inexact en termes de "santé sociale".
Quelles sont les conséquences de ce constat sur la lutte contre le chômage ? Dans l'optique actuelle (où la mesure de la croissance se limite à celle du seul PIB), la création d'emplois est, dans
le meilleur des cas, une conséquence de la croissance. Si la croissance était mesurée, par exemple, sur la base de cet "indicateur de santé sociale", l'emploi deviendrait un facteur créateur de
croissance. Ce qui n'est pas du tout la même chose.
Dans un cas, l'emploi devient une finalité de la politique économique ; dans l'autre, il en demeure un
vague effet secondaire.
Or le fait de retenir un indicateur plutôt qu'un autre ne relève en rien d'une vérité objective à laquelle se conformer, mais bien d'un choix subjectif qui
peut tout à fait être remis en cause... C'est d'ailleurs le sens des travaux conduits, à la demande du gouvernement, par la "commission sur la mesure de la performance économique et du
progrès social", qui vient de rendre son rapport. La promesse d'un changement d'ère ?