Lundi 15 janvier 2007 1 15 /01 /2007 09:39
Depuis décembre, un groupe d'une dizaine de demandeurs d'emploi travaille à une activité de tri de déchets informatiques.

Dans le petit atelier industriel, ils sont une dizaine, majortitairement des femmes, à s'affairer autour de tables chargées de vis, petits emballages et pièces métalliques en tout genre. Ces déchets viennent de l'entreprise NEC, qui assemble des ordinateurs individuels. Le boulot des ouvriers de l'atelier, c'est de les trier par catégorie, de manière à favoriser leur recyclage et leur réutilisation. Un travail inconstestablement utile, à l'heure où le thème environnemental est de plus en plus présent dans les préoccupations des citoyens et les politiques publiques.

Le travail réalisé demande minutie et efficacité. Le flux est fourni, comme en témoigne le manège incessant du Fenwick qui répartit les palettes entre les différents postes de tri. Il ne demande pourtant ni expérience, ni qualification préalable.

Un travail utile, accessible à toute personne prête à retrousser ses manches : voilà deux attributs qui le désignent volontiers comme une piste d'embauche pour des personnes en difficulté d'insertion professionnelle. Gagné : du responsable d'équipe au manutentionnaire, tous les employés de l'atelier étaient chômeurs de longue durée, embauchés en contrat d'avenir (CA) ou contrat d'accompagnement vers l'emploi (CAE).

Reste que constituer un groupe efficace composé uniquement de personnes longtemps éloignées du monde du travail ne va pas de soi. La difficulté à se plier aux contraintes d'une activité industrielle y est compliquée par d'autres problèmes, liés à la situation souvent précaire des personnes embauchées. Logement, garde d'enfant,  transport : ces  questions souvent  délicates à gérer se posent avec d'autant plus d'acuité quand elles interviennent dans des familles qui connaissent une situation financière délicate, marquée souvent par le surendettement ou l'interdit bancaire. Autant d'éléments qui, parfois, alimentent les rancoeurs et nourrissent un esprit de revendication difficile à gérer pour l'employeur.

Aucune de ces difficultés ne vient pourtant contredire la motivation des employés et de leur patron. Avec un maître-mot : adaptabilité. Le bon fonctionnement de l'atelier passe par une certaine souplesse d'organisation, de l'écoute, des rencontres fréquentes pour régler les problèmes dès leur apparition, moyennant parfois une bonne dose de diplomatie ! Mais ça fonctionne, et le rendement est au rendez-vous.

Reste une aigreur parmi les employés : que leur travail, pour utile qu'il soit, reste "non rentable" et conditionné à des aides publiques limitées dans le temps. Leur contrat durera deux ans maximum, pas plus. "On dit 'contrat d'avenir', mais l'avenir, ce n'est pas ce contrat", relève une ouvrière. "Au final, ce sera bien à nous de bouger." En espérant ouvrir des portes qui se sont tant de fois refermées sur eux. Le CA changera-t-il quelque chose à ça ?
Par Le Club Aita - Publié dans : Carnet de bord
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