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La demande de l'AITA de créer un chantier d'insertion a été refusée. En réponse à ce refus, et pour dénoncer l'incohérence constatée entre les annonces et les actes, nous adressons une lettre ouverte aux ministres du Travail et de l'Emploi.
" Messieurs les Ministres,
C'est avec intérêt que nous avions, au sein de l'Association intérmédiaire de travail adapté, pris connaissance de la circulaire du 28 novembre 2005, "relative aux ateliers et chantiers d'insertion".
Cette circulaire, adressée à tous les services de l'Etat concernés (préfets de région et de département, DDTEFP, DDASS, ANPE, AFPA, CNASEA) fixait les modalités de création des ateliers et chantiers d'insertion, promus par la loi de programmation pour la cohésion sociale, et promettait "le renforcement considérable des moyens qui leur sont alloués".
Cependant, la lecture de la circulaire fit naître chez nous une certaine inquiétude, liée à l'interdiction que les recettes réalisées par le chantier d'insertion n'excède 30 % des charges. Ainsi, ce dispositif était maintenu dans l'obligation d'être non rentable, et donc dépendant des subventions publiques.
C'est donc avec surprise que nous avons reçu le courrier de la DDTEFP qui, le 11 mai 2007, nous indiquait que "compte-tenu du contexte financier en diminution en 2007 par rapport à 2006 et des premiers éléments de diagnostic socio-économiques des territoires, [notre] demande de création [avait] été ajournée". Pour "répondre aux nouvelles exigences budgétaires", ce même courrier indiquait en outre qu'aucune nouvelle demande ne pouvait être prise en compte en 2007, et ce depuis la réunion du Comité départemental d'insertion par l'économique du 19 janvier 2007.
En clair, après une loi de programmation pour la cohésion sociale, la rédaction d'une circulaire de vingt pages expliquant dans le moindre détail ce qu'est un chantier d'insertion, après la mobilisation du ban et de l'arrière-ban du service public de l'emploi en France et la promesse de voir déployés des moyens considérables, une réunion, le 19 janvier 2007, décidait que plus aucune demande ne pouvait être enregistrée pour toute l'année, sur l'ensemble du département.
La montagne a accouché d'une souris, et pour nous d'un courrier laconique expliquant que les "nouvelles exigence budgétaires", contrairement aux promesses, impliquaient de "rééquilibrer l'offre d'insertion par l'activité économique sur chaque arrondissement", autrement dit de gérer la pénurie.
En vous remerciant de votre attention et dans l'attente d'une réponse de votre part, veuillez agréer, messieurs les Ministres, l'expression de nos sentiments distingués."