Mardi 12 juin 2007 2 12 /06 /2007 14:35

Nous avons évoqué récemment les limites du couple travail-allocations, qui conduit nécessairement à dévaloriser le travail. Un chiffre nous pousse à développer cette analyse : celui qui indique que 17 % des salariés français sont payés au SMIC. Ce taux, le plus élevé depuis la création du SMIC, a doublé en quinze ans.

Cet élément n'a rien n'anodin. En effet, constater que l'écart de pouvoir d'achat entre ceux qui travaillent et ceux qui perçoivent des allocations est faible peut conduire à deux interprétations : soit ce sont les allocations qui sont trop élevées... soit c'est le travail qui est mal payé.

Assez curieusement, c'est très souvent la première interprétation qui est entendue. Pourtant, le but premier du SMIC et de ses différentes déclinaisons historiques ("salaire minimum vital", SMIG) était bien de fixer un seuil minimal à la rémunération du travail... pas de fournir un mètre-étalon à la grille des salaires.

La "généralisation" du SMIC est donc bien une conséquence fâcheuse - une de plus - de l'apparition du chômage de masse et de longue durée. En introduisant sur le marché du travail un rapport de force très défavorable aux demandeurs d'emploi, ce dernier a évidemment tendance à niveler par le bas l'échelle des rémunérations.

Et dès lors que le SMIC apparaît comme l'horizon indépassable de toute reprise d'activité (et c'est très souvent le cas pour les personnes dont le chômage de longue durée s'explique notamment par un manque de qualification), l'intérêt financier d'une reprise d'activité paraît légitimement fort limité...

Par Le Club Aita - Publié dans : Analyses
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