Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /2007 16:57

Suite à de nombreux témoignages liés à des situations de discrimination raciale, nous avons initié une réflexion avec différentes personnes qui en sont victimes. D'où il ressort que la posture française, derrière le politiquement correct, laisse la porte ouverte à de nombreux arbitraires...

En France, le racisme est puni par la loi. Cette volonté évidemment louable a abouti à l'instauration d'un "politiquement correct" universel, dont les conséquences sont parfois objectivement fâcheuses.

Par exemple, une loi de 1978 interdit toute collecte d'information "sur les origines ethniques ou religieuses". Il est donc purement et simplement interdit d'effectuer la moindre enquête économique ou sociale qui intègre le critère de la couleur de peau. Ainsi, on sait que les personnes handicapées (qui font elles l'objet d'une reconnaissance tout à fait officielle) subissent un taux de chômage deux fois supérieur à la moyenne nationale. Mais y a-t-il une seule personne en France qui ait pu mesurer le taux de chômage des Noirs ?

Et il est notable de constater que c'est un organisme représentatif des associations noires (le Cran) qui a osé lever le tabou, en passant commande et en demandant la publication d'un sondage effectué auprès d'un échantillon de personnes exclusivement noires.

Une initiative délicate pour le journal Le Parisien, qui a publié cette enquête dans son édition du 31 janvier 2007. "Le sondage TNS-Sofres que nous publions est sans précédent, donc impressionnant. Pourtant, nous avons hésité avant de le mettre à la une de notre journal", écrivait ainsi le quotidien, expliquant que cette publication "bouscule la tradition républicaine française qui exclut tout comptage ethnique et proclame que les Français - au moins en théorie - sont tous égaux."

Or loin de protéger les personnes confrontées au racisme, un tel jusqu'auboutisme dans le politiquement correct aboutit à l'effet inverse : masquer la réalité de ces personnes, qui au quotidien évoluent dans un contexte discriminatoire pourtant bien réel.

En attestent les résultats du sondage précité, qui indiquent que 57% des sondés estiment avoir été "rarement, de temps en temps ou souvent" victimes de discrimination raciale dans leur vie de tous les jours.

Par Le Club Aita - Publié dans : Carnet de bord
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