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Lentement mais sûrement, l'immigration choisie se met en place : une liste de metiers (lien Libération.fr), encore non définitive, a ainsi été établie pour recenser les spécialités où le manque de main-d'oeuvre légitime l'ouverture des frontières aux professionnels issus de pays tiers, c'est-à-dire hors Union européenne.
Que l'on soit pour ou contre cette idée, elle nécessite dans tous les cas, pour fonctionner, un minimum d'aménagements.
Premier problème : comment organise-t-on l'accueil et l'installation de ces travailleurs ? Sur ce point, nous avons déjà eu l'occasion de voir qu'il y a des progrès à faire...
Deuxième problème : comment juger de la qualification de ces travailleurs quand leurs diplômes ne sont pas reconnus ? Et sur ce point, les témoignages recueillis à l'AITA sont légion... On ne compte plus les cas où une personne venue exercer un travail pour lequel elle a été formée dans son pays découvre, une fois en France, que sa qualification n'a ici aucune valeur.
Dernier exemple en date : celui d'une coiffeuse malgache qui a une formation équivalente au CAP et a travaillé trois ans dans un salon de Tananarive, capitale de Madagascar. "Ici, c'est comme si je n'avais aucune compétence. Je vois bien pourtant que les techniques sont très proches, mais on ne m'a même pas donné l'occasion de montrer ce que je sais faire."
Seule possibilité évoquée : qu'elle passe le CAP coiffure en France. "Mais ça ne peut se faire que par le biais d'écoles privées, pour un coût de 7 000 euros."
Avant que cette fameuse liste de métiers ne soit arrêtée et diffusée, mieux vaudrait revoir les procédures d'équivalence pays par pays, ou tout au moins inciter les chefs d'entreprise à porter un regard moins négatif sur les qualifications obtenues hors de France.