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Interviewé par le journal "La Tribune", Jacques Attali considère qu'il est nécessaire de créer un statut du chercheur d'emploi, assimilable à un contrat de travail. Chargée par Nicolas Sarkozy de faire des propositions pour dynamiser la croissance, la commission présidée par Jacques Attali rendra sa copie définitive en janvier prochain.
"Nous voulons donner un statut au chercheur d'emploi, terme que nous préférons à celui de demandeur d'emploi. Il faut qu'il ait un revenu et un véritable contrat, assimilable à un contrat de travail." Par cette proposition, Jacques Attali, qui préside la commission chargée par Nicolas Sarkozy de réfléchir aux moyens de "libérer la croissance", n'est pas loin de rejoindre notre souhait de voir enfin créé un vrai contrat social.
Evidemment, pour Attali, le corollaire de cette avancée serait de donner plus de flexibilité aux employeurs dans la rupture des contrats de travail, "sous la forme d'une séparation d'un commun accord". Le fiasco du CNE n'est sans doute pas étranger à cette précision.
Cette flexibilité peut être envisagée d'une manière positive -- elle peut encourager la mobilité "choisie", et non uniquement "subie" -- à condition d'avoir pour cadre une réelle sécurisation des parcours professionnels. Par exemple, un demandeur d'emploi pourra-t-il refuser, sans être pénalisé, une offre de travail pour un poste loin de chez lui ? L'interview ne le dit pas, mais Attali y insiste tout de même sur le fait "qu'il faut donner une incitation plus forte à la mobilité géographique"...
Par ailleurs, le revenu apporté de droit à tout demandeur d'emploi aura-t-il une contrepartie ? Si oui laquelle (activité sous forme de contrat aidé, obligation de formation...) ?
C'est début janvier que le texte final du rapport Attali doit être rendu : gageons qu'il apportera plus de précisions à cette proposition évidemment intéressante. D'autant plus intéressante que dans la logique des travaux de cette commission, cette redéfinition de la politique de lutte contre le chômage s'inscrit comme le préalable à la "libération de la croissance". Ce serait un changement majeur par rapport à l'optique habituelle, qui veut au contraire que l'on attende que la croissance vienne régler le problème du chômage. Or comme nous l'avons déjà écrit ici, c'est pourtant cette optique qui est privilégiée encore aujourd'hui.