Mardi 12 janvier 2010
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Allocataire du RSA "ras-des-pâquerettes", Anne-Marie livre le témoignage d’une galère ordinaire, où la frontière entre précarité et grande pauvreté devient floue, seulement gardée par une
discipline de vie sans faille. A condition d’en avoir la force, jour après jour.
Anciennement au RMI et maintenant au RSA (sans changement de ses revenus), Anne-Marie connaît la galère d’une situation que l’on pourrait qualifier "d’ordinaire" pour ceux dont les rentrées
mensuelles se limitent aux minima sociaux. En ce mois de janvier, factures et frais payés, il lui restait 50 euros pour vivre.
Pourtant, Anne-Marie a la chance d’être logée à peu de frais : allocation déduite, il ne lui reste que 80 euros à sortir pour son appartement loué par un office HLM. Le seul problème lié à son
logement demeure son chauffage, individuel au gaz, sur lequel elle a un peu trop tiré l’hiver dernier. Avec à la clé une facture de 800 euros qu’elle n’a pas encore fini de régler.
Pour ses déplacements, à défaut de permis de conduire et bien sûr de voiture, Anne-Marie fait tout en bus. Sa situation lui donne droit à une carte au tarif de 8 euros pour deux mois. Sauf
lorsqu’elle est radiée de Pôle Emploi et ne peut alors plus y prétendre. "C’est arrivé l’automne dernier. Je n’avais pas pu me rendre à une convocation à cause d’un rendez-vous médical. Pourtant je
les avais prévenus mais non, j’ai quand même été radiée." Pendant deux mois, elle a donc dû payer le bus au prix fort : 10,30 le carnet de dix tickets. "Avec un carnet par semaine, ça finit
par compter…"
Pour ses dépenses courantes, Anne-Marie refuse de s’adresser aux associations d’aide. "J’y suis allée quand mes enfants vivaient avec moi, mais je me sentais honteuse. Maintenant que je vis seule,
je préfère me débrouiller." L’acquisition d’un grand congélateur (grâce à un prêt CAF) lui permet de stocker la livraison qu’elle commande mensuellement auprès d’une entreprise de surgelés. "Faire
ses courses avec le bus, ce n’est pas pratique. Ou alors il faut prendre en petite quantité et ça revient plus cher."
Pour l’habillement, c’est évidemment la règle du moindre coût. "Là je n’avais plus de chaussures. J’ai acheté une paire de bottes d’hiver en soldes. Ou sinon j’achète sur les marchés, on peut
trouver des bonnes affaires. Mais bon, pour l’instant ce n’est pas possible. Je vais attendre mars ou avril, lorsque j’aurai fini de payer la facture de gaz."
Pourtant, ce n’est pas la précarité matérielle qu’elle déplore le plus. "Le pire, c’est l’ennui. C’est de ne pas sortir de chez soi, de n’avoir rien à faire." Les activités qu’elle affectionne sont
nombreuses cependant : bricolage, couture… Or là aussi le manque de moyens complique les choses : "La moindre fourniture de bricolage, c’est tout de suite cher." Restent les copines,
qu’elle voit de temps en temps, et une association d’entraide. "Mais bon, ça ne remplit pas la semaine…"
Si elle admet des moments de faiblesse, et même une "grosse dépression" il y a quelque temps, Anne-Marie refuse de baisser les bras. Elle reste d’un contact chaleureux, se livre, rit volontiers.
Mais surtout garde l’espoir de retravailler. "Il faudra bien de toute façon. Je ne vais pas continuer comme ça toute ma vie."
Merci de faire circuler et bon courage à tous.
seulement je suis encore pire que vous j'ai 2 enfants à charge, g 700 euros pour payer mon loyer, nourrire mes enfant et nous (mon mari et moi)
j'ai déjà fait les association (croix rouge) mais je ne veux plus y retourner je me sent trop honteuse et c'est dégradant
le 1ère semaine du mois il me reste 20 euros pour finir
je ne sais plus koi faire
je ne dort plus la nuit et c'est pas faute de chercher du travail mon mari et moi