La notion de développement durable ne se résume pas aux seuls aspects environnementaux : pour être "durable", le développement doit aussi intégrer les enjeux économiques et sociaux. Et donc la question de l'emploi. Or si l'on admet que la croissance est néfaste pour la préservation des ressources naturelles (on le voit bien, par exemple, avec l'épuisement des réserves pétrolières), le développement durable se doit d'imaginer des modèles qui garantissent et dynamisent l'emploi tout en se passant de la croissance telle que nous l'entendons par sa définition courante.
Comment le développement durable peut-il satisfaire ces enjeux réputés contradictoires ? La piste évoquée par ce rapport est celle de la réduction du temps de travail. A noter que cette piste est en effet privilégiée par certains économistes, comme Pierre Larrouturou, auteur du livre récemment sorti "Crise, la solution interdite" (lire la présentation du livre sur le site Marianne2).
D'autres économistes, comme Jean Gadrey, considèrent que la solution passe notamment par le développement de nombreux emplois de proximité à forte plus-value sociale.
Dans tous les cas, ces différentes contributions partent du constat suivant :
a) l'histoire récente de nos sociétés montre que la croissance ne permet pas de garantir le plein-emploi (la crise économique actuelle illustre même la fragilité de ce modèle)
b) les enjeux environnementaux ne nous permettent pas de rêver d'une croissance économique soutenue et éternelle.
Pourtant, nos politiques restent attachés à leurs vieilles lunes et, à défaut de croissance, se contentent d'objectifs modestes, comme "ralentir l'accélération de la hausse du chômage". Le contexte serait pourtant hautement favorable à des expérimentations plus ambitieuses. Qu'attendons-nous ?
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
