Amina, employée en contrat d'accompagnement vers l'emploi, a bénéficié il y a douze mois du versement de l'Araf (Aide à la reprise d'acitivité des femmes). Cette allocation s'adresse aux femmes (et
uniquement à elles, tant pis pour les pères au foyer) qui, chômeuses non indemnisées, bénéficiaires de l'ASS ou du RMI, sont en difficulté pour organiser la garde de leur(s) enfant(s) de moins de
six ans au moment où elles retrouvent un emploi.
Cette aide, d'un montant de 305 à 460 euros, est versée une fois. Au bout de douze mois, si les conditions d'élligibilité sont toujours remplies, il est possible de refaire une demande.
C'est donc ce qu'a fait Amina, étant toujours en CAE et ayant toujours des enfants à faire garder. Et c'est avec surprise qu'elle s'est heurtée à un refus de l'ANPE (gestionnaire de cette aide), au
motif que l'emploi qu'elle occupe aujourd'hui est le même que celui qu'elle occupait il y a un an. Selon les explications de son conseiller, pour bénéficier à nouveau de l'Araf, il aurait fallu
qu'elle change de poste entre-temps.
Cette logique d'attribution laisse perplexe, d'autant plus que l'emploi d'Amina, en CAE, est par définition précaire. Pourquoi y a-t-elle eu droit l'année dernière et pas cette année, alors que ses
revenus n'ont pas évolué ? Comment cette décision s'explique-t-elle de manière pragmatique ? On aimerait comprendre. Et Amina aussi. Le fonctionnement de notre
infirmerie sociale, conçue pour pallier les effets du chômage de longue durée plus que pour y remédier, est bien souvent
impénétrable.