«L’informatique, moi, j’y comprends
rien. » Plusieurs personnes inscrites à l’AITA, qui participent aux réunions de notre collectif, avouent la même difficulté. « J’ai pourtant participé à une formation proposée par l’ANPE, mais
c’était trop court. Face à un ordinateur, je bloque. » Une difficulté qui n’est pas sans poser problème. Ainsi, ça fait maintenant longtemps que les petites annonces punaisées au mur ont disparu
des agences pour l’emploi, remplacées par des ordinateurs branchés sur ANPE.fr.
« Tout seul, je ne peux pas les consulter. » Et ce n’est qu’un exemple.
Recherche des offres, rédaction de CV et de lettres de motivation, entretiens d’embauche… Autant de démarches qui nécessitent dans l’idéal de maîtriser Internet et les outils bureautiques de
mise en pages, de disposer de qualités rédactionnelles, d’un bon niveau d’orthographe et de présenter des facilités d’expression orale. Bien sûr, « une bonne présentation est un plus ».
Etre un bon chercheur d’emploi, c’est non seulement un travail, mais en plus un travail hautement qualifié. Assez paradoxalement, c’est à ce travail exigeant que doivent s’astreindre des
demandeurs d’emploi qui, lorsqu’ils sont chômeurs de longue durée, ont souvent le handicap d’un faible niveau de qualification. Or l
es compétences exigées par la recherche d’emploi n’ont le plus
souvent rien à voir avec les compétences requises par le travail auquel on souhaite postuler.
Bien sûr, face à ce problème reconnu, ANPE, Missions locales et associations d’insertion proposent une aide à la réalisation de CV, des formations à l’informatique, des conseils dans la
méthodologie de recherche d’emploi et la conduite d’entretiens… Face à la pénurie d’emplois, on demande à ceux qui en sont privés non seulement de se former professionnellement, mais aussi de se
former à la recherche d’emploi.
Tout cela amène à des « parcours de retour à l’emploi » de plus en plus longs, à l’issue incertaine, et qui en attendant ne permettent pas de payer le loyer
ni les courses de la semaine.