Les chiffres officiels du chômage établis au titre du mois de juin 2009 font
apparaître une baisse inattendue du nombre des inscrits à Pôle Emploi en catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité professionnelle et disponibles de suite. Par contre, le nombre des inscrits
en catégorie B et C est lui en hausse. Un prélude de "l'effet RSA" ?
La baisse est légère, mais c'est tout de même une baisse :
au mois de juin 2009, le nombre des inscrits à Pôle Emploi en catégorie A (c'est-à-dire les
demandeurs d'emploi n'ayant aucune activité professionnelle et disponibles sans délai pour travailler) était en repli de 0,7%. Un chiffre pour le moins surprenant, alors même que la crise
économique est encore bien présente, et ses effets sur l'emploi avec elle.
Toutefois, si le nombre d'inscrits en catégorie A est le seul à être pris en compte pour établir le taux de chômage "officiel", il ne saurait faire oublier que
Pôle Emploi recense également cinq autres catégories de chômeurs. Dont les effectifs sont eux en hausse.
C'est notamment le cas des catégories B et C. Celles-ci englobent les demandeurs d'emploi qui exercent une activité à temps partiel de moins de 78 heures par mois pour les premiers (catégorie B) ou
de plus de 78 heures par mois pour les seconds (catégorie C). Au total, les inscrits dans ces deux catégories étaient à la fin du mois de juin 27 800 de plus qu'à la fin du mois de mai. Ceci alors
même que les activités saisonnières d'été n'impactent pas encore les statistiques, car devenant significatives sur les mois de juillet-août.
Un peu moins de chômeurs "à temps plein" et plus de chômeurs "à temps partiel" : telle pourrait être la synthèse des chiffres du chômage pour le mois de
juin. Or curieusement, il se trouve que c'est aussi en juin qu'a été généralisé le revenu de solidarité active (RSA). Coïncidence ? Sans doute, car un rapport de cause à effet pourrait
difficilement être suspecté sur un laps de temps aussi court : on sait que les effets des politiques économiques sur l'emploi se manifestent sur des échéances beaucoup plus longues. De plus les
premiers paiements effectués au titre du RSA l'ont été en juillet, et on sait par ailleurs que le raz-de-marée d'inscription qui était attendu du côté des "travailleurs pauvres" n'a pas eu
lieu...
Toutefois, on ne peut que constater qu'en apportant un complément de revenu aux personnes en situation d'emploi précaire (dont beaucoup travaillent à temps
partiel), le RSA s'inscrit pleinement dans l'ère du temps : le travail est de plus en plus émietté, et il convient donc d'imaginer des dispositifs pour pallier aux effets de cette situation,
à savoir l'accroissement de la pauvreté.
S'il devait conforter cette tendance, le RSA pourrait-il être considéré comme un outil efficace de lutte contre le chômage ? Rien n'est moins sûr. Sauf à se satisfaire d'une baisse de la seule
catégorie A...