<![CDATA[Chômeurs, rassemblons-nous !]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/ Témoignages, idées et expériences pour dénoncer les limites et incohérences de l'aide à l'emploi, et proposer une autre vision de l'insertion professionnelle. fr Mon, 01 Mar 2010 01:06:10 +0100 Mon, 01 Mar 2010 01:06:10 +0100 Over-blog.com RSS 2.0 Engine Copyright 2010, NC NC Économie http://www.rssboard.org/rss-specification/ <![CDATA[RSA amputé pour non-versement d'une pension par les parents]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-rsa-ampute-pour-non-versement-d-une-pension-par-les-parents-45501528.html Dans la lignée des articles précédents, qui témoignent des insuffisances du RSA en termes de lutte contre la précarité, nous relayons ici un témoignage rapporté par le site actuchomage.org. Il relate l'expérience vécue par un jeune homme de la Loire dont le RSA a été amputé de 87 euros, au motif qu'il refuse de demander à ses parents le versements d'une pension alimentaire.

Sans emploi, Antoine*, jeune homme habitant la Loire, perçoit le RSA depuis son entrée en vigueur en juin 2009. Début février, un courrier du conseil général lui apprend que ce revenu serait désormais amputé de 87 euros par mois. Motif: Antoine n'a pas entamé de démarche pour obtenir le versement d'une pension alimentaire par ses parents.

Cette demande apparaît en effet clairement dans le formulaire de demande du RSA, ce qui d'ailleurs avait fait grand bruit lors de sa généralisation. Le tollé avait entraîné une réponse gênée de Martin Hirsch, qui avait alors indiqué que ledit formulaire serait revu pour être moins exigeant sur ce point. Ce n'est que partiellement le cas, comme en témoigne l'extrait de formulaire que nous reproduisons ici, téléchargé le 23 février sur le site www.rsa.gouv.fr, et qui laisse une certaine latitude aux conseils généraux :
form RSA2
(cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Ce même formulaire précise qu'il est possible de demander une "dispense" de cette démarche, qui doit être argumentée  et qui n'est de toute façon "pas accordée automatiquement".

C'est ce qu'a fait Antoine, en adressant au conseil général un courrier indiquant que ses parents lui assurent gratuitement le gîte et le couvert, et de ce fait qu'ils "remplissent pleinement leur devoir de solidarité". "En aucun cas, ajoute Antoine, je n’exercerai de démarche de quelque nature que ce soit à l’encontre de mes parents afin d’obtenir une pension alimentaire." Il précise enfin, "pour que les choses soient tout à fait claires", qu'il ne verse "aucune somme d'argent à (ses) parents en contrepartie du RSA perçu".

La réponse ne s'est pas faite attendre : une semaine après réception du courrier, le conseil général adressait à Antoine une missive lui stipulant que la réduction de son RSA continuerait à s'appliquer, et
qu'elle prendrait fin "lorsque vous aurez fourni des éléments justifiant que vous avez fait valoir vos droits". C'est-à-dire intenté une action en justice exigeant des parents le versement d'une pension.

* le prénom a été changé
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Tue, 23 Feb 2010 10:56:00 +0100 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-rsa-ampute-pour-non-versement-d-une-pension-par-les-parents-45501528.html Vécu http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-rsa-ampute-pour-non-versement-d-une-pension-par-les-parents-45501528-comments.html#anchorComment
<![CDATA[Avec le RSA, Guy craint de "perdre à tous les niveaux"]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article--avec-le-rsa-guy-craint-de-perdre-a-tous-les-niveaux--43801360.html Cumuler salaire et RSA pour accroître ses revenus ? Sur le papier, c’est l’idée du revenu de solidarité active. Dans les faits, l’équation est tout autre pour ceux, comme Guy, qui se débattent avec des revenus d’activité irréguliers.

Guy travaille au domicile de particuliers, à Angers, pour de l’entretien et du petit bricolage. Payé en chèque emploi service, il fait partie de ces travailleurs précaires qui "bénéficient" du revenu de solidarité active mis en place en juin 2009. Il dresse un bilan très critique de ce dispositif, dont les effets semblent bien éloignés des premières intentions de son instigateur Martin Hirsch.

"Le problème, considère Guy, c’est que les effets négatifs du RSA apparaissent petit à petit, sans que personne ne vous prévienne." Au fil des mois, c’est ainsi toute une série de petits avantages qui disparaissent avec la perception de ce nouveau revenu : "Il y a d’abord eu l’allocation logement, puis le forfait téléphonique social, et ensuite l’exonération de redevance audiovisuelle et de taxe d’habitation…"

Petit à petit, la suppression de ces avantages grignote le pouvoir d’achat de Guy. Il n’est d’ailleurs pas le seul à faire ce constat, comme l’illustre ce témoignage d’une Choletaise en contrat d’insertion.
 
Mais pour lui, dont les revenus d’activités sont très irréguliers, le RSA présente d’autres inconvénients : "J’ai fait beaucoup d’heures de travail d’octobre à décembre, et j’ai actualisé ma situation en janvier. Mon RSA sera donc très faible en février et mars. Si je fais moins d’heures sur cette période, je perds à tous les niveaux…" Par comparaison, le montant de l’allocation de retour à l’emploi est lui calculé dès que les revenus du mois écoulé sont connus, évitant cet effet de décalage.

Pour Guy, le RSA distingue en fait trois publics différents : "Il y a ceux qui étaient auparavant au RMI et qui n’ont rien de plus avec le RSA, ceux qui touchent un salaire régulier proche du Smic et qui vont peut-être y gagner un petit quelque chose (peut-être contrebalancé par une perte sur la prime pour l’emploi, ndlr) et enfin ceux, comme moi, qui ont des revenus faibles et, surtout, instables. Pour nous, le RSA devrait aboutir à un tassement du total de nos revenus aux alentours de 800 à 1000 euros par mois, sans augmentation globale." Pas de quoi donc sortir de la précarité. C’était pourtant l’objectif annoncé.]]>
Thu, 28 Jan 2010 12:06:00 +0100 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article--avec-le-rsa-guy-craint-de-perdre-a-tous-les-niveaux--43801360.html Vécu http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article--avec-le-rsa-guy-craint-de-perdre-a-tous-les-niveaux--43801360-comments.html#anchorComment
<![CDATA[Vivre quand il reste 50 euros pour le mois]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-vivre-quand-il-reste-50-euros-pour-le-mois-42800922.html Allocataire du RSA "ras-des-pâquerettes", Anne-Marie livre le témoignage d’une galère ordinaire, où la frontière entre précarité et grande pauvreté devient floue, seulement gardée par une discipline de vie sans faille. A condition d’en avoir la force, jour après jour.

Anciennement au RMI et maintenant au RSA (sans changement de ses revenus), Anne-Marie connaît la galère d’une situation que l’on pourrait qualifier "d’ordinaire" pour ceux dont les rentrées mensuelles se limitent aux minima sociaux. En ce mois de janvier, factures et frais payés, il lui restait 50 euros pour vivre.

Pourtant, Anne-Marie a la chance d’être logée à peu de frais : allocation déduite, il ne lui reste que 80 euros à sortir pour son appartement loué par un office HLM. Le seul problème lié à son logement demeure son chauffage, individuel au gaz, sur lequel elle a un peu trop tiré l’hiver dernier. Avec à la clé une facture de 800 euros qu’elle n’a pas encore fini de régler.

Pour ses déplacements, à défaut de permis de conduire et bien sûr de voiture, Anne-Marie fait tout en bus. Sa situation lui donne droit à une carte au tarif de 8 euros pour deux mois. Sauf lorsqu’elle est radiée de Pôle Emploi et ne peut alors plus y prétendre. "C’est arrivé l’automne dernier. Je n’avais pas pu me rendre à une convocation à cause d’un rendez-vous médical. Pourtant je les avais prévenus mais non, j’ai quand même été radiée." Pendant deux mois, elle a donc dû payer le bus au prix fort : 10,30 le carnet de dix tickets. "Avec un carnet par semaine, ça finit par compter…"

Pour ses dépenses courantes, Anne-Marie refuse de s’adresser aux associations d’aide. "J’y suis allée quand mes enfants vivaient avec moi, mais je me sentais honteuse. Maintenant que je vis seule, je préfère me débrouiller." L’acquisition d’un grand congélateur (grâce à un prêt CAF) lui permet de stocker la livraison qu’elle commande mensuellement auprès d’une entreprise de surgelés. "Faire ses courses avec le bus, ce n’est pas pratique. Ou alors il faut prendre en petite quantité et ça revient plus cher."

Pour l’habillement, c’est évidemment la règle du moindre coût. "Là je n’avais plus de chaussures. J’ai acheté une paire de bottes d’hiver en soldes. Ou sinon j’achète sur les marchés, on peut trouver des bonnes affaires. Mais bon, pour l’instant ce n’est pas possible. Je vais attendre mars ou avril, lorsque j’aurai fini de payer la facture de gaz."

Pourtant, ce n’est pas la précarité matérielle qu’elle déplore le plus. "Le pire, c’est l’ennui. C’est de ne pas sortir de chez soi, de n’avoir rien à faire." Les activités qu’elle affectionne sont nombreuses cependant : bricolage, couture… Or là aussi le manque de moyens complique les choses : "La moindre fourniture de bricolage, c’est tout de suite cher." Restent les copines, qu’elle voit de temps en temps, et une association d’entraide. "Mais bon, ça ne remplit pas la semaine…"

Si elle admet des moments de faiblesse, et même une "grosse dépression" il y a quelque temps, Anne-Marie refuse de baisser les bras. Elle reste d’un contact chaleureux, se livre, rit volontiers. Mais surtout garde l’espoir de retravailler. "Il faudra bien de toute façon. Je ne vais pas continuer comme ça toute ma vie."
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Tue, 12 Jan 2010 15:29:00 +0100 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-vivre-quand-il-reste-50-euros-pour-le-mois-42800922.html Vécu http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-vivre-quand-il-reste-50-euros-pour-le-mois-42800922-comments.html#anchorComment
<![CDATA[De l'influence des clichés sur la politique économique]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-de-l-influence-des-cliches-sur-la-politique-economique-41265106.html son blog le 11 décembre, l'économiste Gilles Raveaud livre une analyse très intéressante de l'émotion créée par la situation économique de la Grèce, présentée ces derniers jours comme étant au bord de la faillite.

Tout d'abord, explique Raveaud, la Grèce n'est absolument pas en faillite. Au passage, il tord le cou à l'idée selon laquelle un endettement dépassant 100% du PIB serait le signe d'une banqueroute imminente. Mais il est vrai que les lamentations sur ce registre sont parfois bien pratiques pour justifier l'absence d'ambition d'un gouvernement, principalement en matière sociale : on se souvient du "je suis à la tête d'un Etat en faillite" lâché par Fillon, ou encore du "qu'attendez-vous de moi ? que je vide des caisses qui sont vides ?" argué par Sarkozy lors de sa désormais célèbre conférence de presse de début 2008.

Par ailleurs, souligne Raveaud, de nombreux Etats, comme la Belgique ou l'Italie, se sont déjà trouvés dans des situations bien pires que celle de la Grèce sans susciter le même émoi. On pense également aux Etats-Unis, dont le surendettement était connu avant crise sans qu'on s'en émeuve : la bonne santé de l'économie américaine était au contraire saluée par les agences de notation ; celles-là mêmes qui aujourd'hui dégradent les créances émises par la Grèce !

Pourquoi cette différence de traitement ? Elle tient, estime Raveaud, aux "représentations mentales" des agents financiers. Et selon ces représentations, la Grèce serait "un pays peu rigoureux, mal géré, où la fraude fiscale est généralisée et l’Etat dispendieux…" Que ces clichés renvoient ou non à une réalité est ici accessoire : l'important est qu'ils existent et qu'ils suffisent à influencer les agents économiques de manière déconnectée de la situation réelle, avec des incidences très concrètes. Ainsi, en dégradant les créances grecques, les agences de notation contribuent directement au renchérissement du crédit pour cet Etat, aggravant ses difficultés.

Le poids des clichés dans les grandes politiques économiques est sans doute non négligeable, dans de nombreux domaines. Ainsi en est-il de la politique de l'emploi
et, notamment, de la loi sur les "droits et devoirs" des chômeurs. Une disposition de cette loi, applicable depuis l'automne 2008, a introduit pour les chômeurs l'obligation d'accepter les "offres raisonnables d'emploi" qui leur sont faites, sous peine de perdre leurs droits. A l'origine de cette disposition, on trouve le cliché selon lequel les chômeurs seraient des fainéants préférant toucher leurs allocations plutôt que de travailler.

Or plusieurs éléments permettent de dénoncer ce cliché et son interprétation par cette loi. En effet, cette obligation devient contraignante uniquement pour les chômeurs présentant les caractéristiques suivantes :
- des offres "raisonnables" leurs sont faites (logique)
- ils ont, avant d'être au chômage, suffisamment travaillé pour ouvrir des droits (autrement la sanction prévue est inapplicable)
- ils sont trop trop paresseux pour accepter de retravailler sans menace de sanction

Au final, ce cliché dépeint des situations ultra-minoritaires au sein de l'ensemble des demandeurs d'emploi, et en tout cas très éloignées des situations vécues par les chômeurs les plus éloignés du monde du travail, c'est-à-dire ceux qui ont très peu travaillé et auxquels on ne propose de toute façon rien, parce que leur "profil" n'intéresse pas les employeurs.

Résultat : selon le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), neuf mois après l'application de cette loi, seuls quatre chômeurs avaient été sanctionnés pour ce motif. Autant dire rien, pour une loi dont le principal effet aura été de conforter un cliché déjà trop répandu.]]>
Wed, 16 Dec 2009 11:59:00 +0100 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-de-l-influence-des-cliches-sur-la-politique-economique-41265106.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-de-l-influence-des-cliches-sur-la-politique-economique-41265106-comments.html#anchorComment
<![CDATA[Le travail est-il un coût ?]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-le-travail-est-il-un-cout--40389267.html
Soit, d'un côté, le nombre d'offres d'emploi. Il est actuellement au plus bas : Pôle emploi ne recensait que 135 000 offres pour tout le territoire en novembre dernier, selon Actuchomage (et encore s'agissait-il aux trois quarts d'emplois précaires). Soit, de l'autre côté, le nombre de chômeurs. Il croît lui de manière constante et rapide : les chiffres livrés par l'Insee pour le mois d'octobre mentionnent 2 627 300 inscrits en catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité. Ils sont même 3 788 200 si l'on y ajoute les inscrits en catégories B et C (qui exercent une activité à temps partiel). Ces chiffres ne doivent cependant être perçus que comme des indicateurs, et certainement pas comme le reflet exact de la réalité : le sous-emploi en France déborde largement des statistiques officielles de l'Insee et, à l'inverse, de nombreuses offres d'embauche ne sont pas référencées par Pôle emploi.

Mais même imparfaits, ces indicateurs témoignent d'un fossé de plus en plus large entre offre et demande d'emplois, qui rend les recettes habituelles de lutte contre le chômage inopérantes : à quoi bon créer des structures d'insertion, faire de l'accompagnement ou du coaching, s'il n'y a pas de places pour tout le monde ?

Pour rétablir un solde plus équilibré, c'est sans doute du côté de la création nette d'emplois que les efforts seraient le plus profitables. Une politique publique peut-elle se fixer pour objectif de créer des emplois pérennes, par exemple dans le domaine associatif et, plus globalement, celui de l'économie sociale et solidaire ? Dans l'histoire récente, cet effort n'a été consenti dans notre pays que pour répondre à certaines situations très spécifiques, par exemple l'emploi de personnes en situation de handicap lourd. C'est dans ce cadre, par exemple, que sont financés les Etablissements et services d'aide par le travail (appelés auparavant "centres d'aide par le travail").

Outre des questions d'ordre idéologique, ce sont notamment des questions de coût qui sont avancées pour justifier la frilosité de la puissance publique en matière de création d'emploi. En témoigne, a contrario, l'objectif purement économique de ne remplacer en moyenne qu'un fonctionnaire sur deux dans le cadre des départs en retraite.

Mais la création d'emploi est-elle si coûteuse que ça ? Il serait intéressant, pour répondre à cette question, de s'inspirer des travaux conduits dans le domaine de la santé par Philippe Aghion, professeur d'économie à Harvard, et Fabrice Murtin, économiste à l'OCDE.

Ces deux chercheurs ont réalisé une étude qui tord le cou à l'idée selon laquelle les dépenses de santé, et notamment le fameux "trou de la Sécu", représentent pour les finances publiques un fardeau insupportable, qu'il faut alléger à tout prix. En effet, estiment Aghion et Murtin dans une tribune parue dans "Les Echos", "nous avons démontré empiriquement qu'un niveau élevé d'espérance de vie génère un surcroît de PIB par habitant". Ainsi, une population qui vit longtemps et en bonne santé est plus intéressante économiquement qu'une population malade qui meurt tôt. A priori cela semble évident, mais encore fallait-il l'établir. "La santé n'est pas un coût", martèlent ainsi les deux économistes. "

Et la création d'emploi ?", serait-on tenté de demander. Prélèvements sociaux (charges patronales et salariales), impôts directs et indirects, représentent évidemment des recettes d'autant plus importantes que le taux de chômage est faible. A l'inverse, le non-emploi génère lui d'importantes dépenses. On pense bien sûr aux allocations et minima sociaux, mais il faudrait aussi prendre en compte les coûts cachés du chômage, liés aux effets négatifs de la privation d'emploi en termes de stabilité sociale, de sécurité, de santé publique, etc. Sans compter que dans le même temps, des sommes énormes sont dépensées dans des dispositifs à l'efficacité très contestée : en 2008, les réductions de charges sur les bas salaires ont à elles seules représenté 30 milliards d'euros.

Le travail est-il un coût, et ce coût est-il supérieur à celui du non-emploi et des "rustines" créées pour y faire face ? On attend qu'une étude réponde à cette question dans toute sa globalité.

Cet article a été également publié sur Agoravox.fr]]>
Tue, 01 Dec 2009 17:39:00 +0100 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-le-travail-est-il-un-cout--40389267.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-le-travail-est-il-un-cout--40389267-comments.html#anchorComment
<![CDATA["Est-ce qu'on est condamné à galérer toute sa vie ?"]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article--est-ce-qu-on-est-condamne-a-galerer-toute-sa-vie--37854287.html Samedi 17 octobre, c'était la Journée mondiale du refus de la misère. Cette journée fut l'occasion de rassemblements, dans  de nombreuses villes de France, présentant notamment le témoignage de personnes qui vivent la misère quotidiennement. La privation d'emploi est évidemment un thème récurrent de ces témoignages, comme l'illustre le texte suivant, lu par une femme privée d'emploi lors du rassemblement organisé à Angers. Un texte simple, qui explique avec sincérité la difficulté à vivre sans travail. Où l'on est très loin du mythe du chômeur "fainéant" ou "profiteur".

« J’ai 32 ans et je suis l’aînée d’une famille de neuf enfants. Chez nous ce n’était pas le grand luxe, mais mon père a toujours tout fait pour que nous ne manquions de rien. Les boulots les plus durs, dans les mines d’ardoise ou les abattoirs, il les a faits. Jusqu’à ce que son dos n’en puisse plus. Il nous a donné le goût de l’effort, et nous a appris l’honnêteté.

Aujourd’hui, c’est moi qui suis mère. J’ai trois enfants que j’élève seule. Mon père a eu des emplois très durs, moi je n’ai pas d’emploi du tout. Parfois j’ai l’impression que quand on est né du mauvais côté, ce sera toujours très difficile de trouver sa place. Il faut toujours convaincre qu’on est capable de faire quelque chose, qu’on a envie de travailler. Je sais que j’en suis capable et que j’en ai l’envie, mais encore faut-il que quelqu’un me donne ma chance !

On parle de la misère. J’ai connu la misère matérielle, celle où l’on ne sait pas ce qu’on fera à manger demain. Mais il y a aussi la misère morale, celle où l’on reste enfermée chez soi, volet tiré. Je l’ai connue aussi, certains jours, mais j’ai toujours trouvé la force d’en sortir, par le refus de donner à mes enfants l’image de la détresse, par fierté aussi.

Pour sortir de la misère, on ne demande pas l’assistance, mais la reconnaissance. Celle d’un travail qui nous permette de vivre dignement, mais aussi qui donne le sentiment d’être utile, de faire quelque chose de ses journées. Et puis il y a l’avenir. Qu’est-ce que j’aurai comme retraite plus tard ? Est-ce qu’on est condamné à galérer toute sa vie ?

Peut-être que je n’ai pas fait tout ce que j’aurais pu pour trouver un travail. Pourtant j’ai fait des emplois d’insertion, des formations. Mais il y a toujours plus d’exigences, et parfois des choses qui ne sont pas justes, comme la discrimination.
Il y a des moments où je n’y crois plus. D’autres moments où j’ai de l’espoir. Parce qu’il y a certains jours, par exemple en vacances avec mes enfants, où je me sens bien, où je connais un vrai bien-être. Dans ces moments-là, on comprend que la vie peut être autre chose que la galère. C’est ça que je veux transmettre à mes enfants. »
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Tue, 20 Oct 2009 09:57:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article--est-ce-qu-on-est-condamne-a-galerer-toute-sa-vie--37854287.html Vécu http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article--est-ce-qu-on-est-condamne-a-galerer-toute-sa-vie--37854287-comments.html#anchorComment
<![CDATA[Chômage et croissance ? Une simple question de point de vue !]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-36373220.html

Face à la crise actuelle, l'objectif premier de la politique conduite par le gouvernement peut se résumer en une phrase : rétablir la croissance. Le retour de la croissance, suppose-t-on, permettra de réduire le chômage, d'améliorer le pouvoir d'achat, bref, de favoriser le bien-être général.

Mais  la croissance est-elle le bon indicateur pour mesurer l'état de prospérité d'une population donnée ? Telle qu'elle est calculée actuellement, sur la seule base du produit intérieur brut, la réponse est clairement non. C'est ce que confirme en tout cas une étude dont les résultats ont été publiés par l'hebdomadaire L'Express.

Cette étude a établi un classement des régions françaises à partir d'un indicateur appelé "indicateur de santé sociale".
Outre la seule création de richesse, cet indice prend en compte le taux de chômage, la sécurité, l'espérance de vie, le lien social, etc. Et selon cet indice, la région qui arrive en tête du palmarès est... le Limousin. L'Ile-de-France de son côté, première en termes de création de richesse, pointe elle à la 17e place.

Si l'on considère que les effets les plus durs de la crise se manifestent par le "mal-être" des personnes qui y sont confrontées, il y a un côté absurde à vouloir y répondre en privilégiant un indicateur (la croissance du PIB) aussi inexact en termes de "santé sociale".

Quelles sont les conséquences de ce constat sur la lutte contre le chômage ? Dans l'optique actuelle (où la mesure de la croissance se limite à celle du seul PIB), la création d'emplois est, dans le meilleur des cas, une conséquence de la croissance. Si la croissance était mesurée, par exemple, sur la base de cet "indicateur de santé sociale", l'emploi deviendrait un facteur créateur de croissance. Ce qui n'est pas du tout la même chose. Dans un cas, l'emploi devient une finalité de la politique économique ; dans l'autre, il en demeure un vague effet secondaire.

Or le fait de retenir un indicateur plutôt qu'un autre ne relève en rien d'une vérité objective à laquelle se conformer, mais bien d'un choix subjectif qui peut tout à fait être remis en cause... C'est d'ailleurs le sens des travaux conduits, à la demande du gouvernement, par la "commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social", qui vient de rendre son rapport. La promesse d'un changement d'ère ?]]>
Tue, 22 Sep 2009 10:49:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-36373220.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-36373220-6.html#anchorComment
<![CDATA[Investissement ou consommation : le but de la relance, c'est l'emploi]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-35826410.html article paru en début d'année sur son blog, Alain Lipietz livre au détour d'une phrase son interprétation de la crise que nous traversons : "(...) la crise actuelle, (...) du point de vue strictement économique, est une crise de surproduction/sous-consommation due à la faible part des salaires dans la valeur ajoutée".

Evidemment, cette analyse n'engage que son auteur et pourrait sans doute être qualifiée de réductrice, mais elle a le mérite de la clarté et résume avec efficacité un aspect central du problème. Ainsi, aux Etats-Unis, les inégalités de revenus avaient atteint un niveau record juste avant l'éclatement de la crise et les salaires témoignaient d'une inquiétante stagnation voire, pour les plus bas salaires, d'une forte baisse en termes de revenus réels. Et en France, la question de la répartition des richesses et du niveau des salaires est un débat récurrent, nourri par des constats inquiétants comme celui de l'apparition d'une vaste population de "travailleurs pauvres".

A défaut de revenus d'activités suffisants, le seul moyen de maintenir un niveau de consommation élevé est alors de recourir à l'endettement (voire au surendettement) avec les conséquences que l'on sait : éclatement de bulles spéculatives assises sur des créances insolvables et implosion du système bancaire.

La manne du crédit s'étant tarie, la "faible part des salaires dans la valeur ajoutée" entraîne une "sous-consommation" qui prolonge la crise en une longue récession.

Bien que rapide, cette analyse impose de se poser une question : comment, dans ce contexte, une politique de "relance par l'investissement" peut-elle avoir une chance de réussir ? Car une entreprise n'investit pas pour le plaisir de dépenser l'argent dont elle dispose (ou que l'on met à sa disposition). Elle investit lorsqu'elle considère que le marché présente des débouchés suffisants pour cela, avec des perspectives de retours attractives. Ce qui n'est pas le cas en période de "sous-consommation"...

Pourtant, c'est bien ce modèle de "relance par l'investissement" qui a été retenu par le gouvernement. Avec pour l'instant un bilan peu glorieux, où la pente du taux de chômage suit celle du déficit public, l'un et l'autre fermement orientés à la hausse.

L'opposition de gauche, dans le même temps, plaidait elle pour une relance par la consommation. Cette option aurait-elle été plus efficace ? Il est évidemment difficile de répondre à cette question, sauf à jouer le jeu de la "politique-fiction". De nombreux analystes estiment cependant que le bilan en aurait été décevant : la forte part des produits d'importation dans la consommation nationale fait que les bénéfices d'une telle relance auraient été assez faibles pour les entreprises françaises, du moins pas à la hauteur des sommes dépensées.

Ces deux orientations (investissement et consommation) ont en fait toutes les deux le même défaut : elles tournent autour du pot. Car à terme, l'objectif de ces deux types de relance est le même : améliorer le contexte économique pour que les entreprises recommencent à créer de l'emploi !

Mais au lieu de s'attaquer au problème frontalement, elles préfèrent passer par des chemins détournés, tortueux, qui finalement ne mènent nulle part. Pourtant, il est bien évident que socialement, la création d'emplois doit être la priorité. Tout comme il est évident qu'un chômage de masse, tel qu'on le connaît actuellement, constitue un poids qui pèse lourdement sur les perspectives de redécollage de l'économie. Atonie du pouvoir d'achat, déséquilibre des comptes sociaux, baisse de la fiscalité : le chômage, c'est tout ça à la fois.

Qu'attend-on alors pour mettre les moyens directement là où on est sûrs qu'ils seront utiles, c'est-à-dire dans la création d'emplois ? C'est pourtant quelque chose que l'on sait faire, comme le prouvent les nombreuses expériences menées en matière d'emplois aidés, emplois qui très souvent ont fait la preuve de leur utilité sociale. Ces emplois souffrent cependant de plusieurs limites : temps partiel, faible rémunération, durée déterminée. Mais il n'est pas trop tard pour mieux faire.]]>
Tue, 08 Sep 2009 14:35:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-35826410.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-35826410-6.html#anchorComment
<![CDATA[Plus de chômeurs à temps partiel : le second "effet RSA" ?]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-34321584.html Les chiffres officiels du chômage établis au titre du mois de juin 2009 font apparaître une baisse inattendue du nombre des inscrits à Pôle Emploi en catégorie A, c'est-à-dire sans aucune activité professionnelle et disponibles de suite. Par contre, le nombre des inscrits en catégorie B et C est lui en hausse. Un prélude de "l'effet RSA" ?

La baisse est légère, mais c'est tout de même une baisse : au mois de juin 2009, le nombre des inscrits à Pôle Emploi en catégorie A (c'est-à-dire les demandeurs d'emploi n'ayant aucune activité professionnelle et disponibles sans délai pour travailler) était en repli de 0,7%. Un chiffre pour le moins surprenant, alors même que la crise économique est encore bien présente, et ses effets sur l'emploi avec elle.

Toutefois, si le nombre d'inscrits en catégorie A est le seul à être pris en compte pour établir le taux de chômage "officiel", il ne saurait faire oublier que Pôle Emploi recense également cinq autres catégories de chômeurs. Dont les effectifs sont eux en hausse.

C'est notamment le cas des catégories B et C. Celles-ci englobent les demandeurs d'emploi qui exercent une activité à temps partiel de moins de 78 heures par mois pour les premiers (catégorie B) ou de plus de 78 heures par mois pour les seconds (catégorie C). Au total, les inscrits dans ces deux catégories étaient à la fin du mois de juin 27 800 de plus qu'à la fin du mois de mai. Ceci alors même que les activités saisonnières d'été n'impactent pas encore les statistiques, car devenant significatives sur les mois de juillet-août.

Un peu moins de chômeurs "à temps plein" et plus de chômeurs "à temps partiel" : telle pourrait être la synthèse des chiffres du chômage pour le mois de juin. Or curieusement, il se trouve que c'est aussi en juin qu'a été généralisé le revenu de solidarité active (RSA). Coïncidence ? Sans doute, car un rapport de cause à effet pourrait difficilement être suspecté sur un laps de temps aussi court : on sait que les effets des politiques économiques sur l'emploi se manifestent sur des échéances beaucoup plus longues. De plus les premiers paiements effectués au titre du RSA l'ont été en juillet, et on sait par ailleurs que le raz-de-marée d'inscription qui était attendu du côté des "travailleurs pauvres" n'a pas eu lieu...

Toutefois, on ne peut que constater qu'en apportant un complément de revenu aux personnes en situation d'emploi précaire (dont beaucoup travaillent à temps partiel), le RSA s'inscrit pleinement dans l'ère du temps : le travail est de plus en plus émietté, et il convient donc d'imaginer des dispositifs pour pallier aux effets de cette situation, à savoir l'accroissement de la pauvreté.

S'il devait conforter cette tendance, le RSA pourrait-il être considéré comme un outil efficace de lutte contre le chômage ? Rien n'est moins sûr. Sauf à se satisfaire d'une baisse de la seule catégorie A...
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Tue, 28 Jul 2009 14:11:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-34321584.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-34321584-6.html#anchorComment
<![CDATA[Le plein emploi sans croissance ?]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-33272020.html rapport au titre évocateur : "La prospérité sans la croissance". Or son auteur n'a rien d'un altermondialiste illuminé, puisque ledit rapport émane du très officiel commissariat britannique au développement durable.

La notion de développement durable ne se résume pas aux seuls aspects environnementaux : pour être "durable", le développement doit aussi intégrer les enjeux économiques et sociaux. Et donc la question de l'emploi. Or si l'on admet que la croissance est néfaste pour la préservation des ressources naturelles (on le voit bien, par exemple, avec l'épuisement des réserves pétrolières), le développement durable se doit d'imaginer des modèles qui garantissent et dynamisent l'emploi tout en se passant de la croissance telle que nous l'entendons par sa définition courante.

Comment le développement durable peut-il satisfaire ces enjeux réputés contradictoires ? La piste évoquée par ce rapport est celle de la réduction du temps de travail. A noter que cette piste est en effet privilégiée par certains économistes, comme Pierre Larrouturou, auteur du livre récemment sorti "Crise, la solution interdite" (lire la présentation du livre sur le site Marianne2).

D'autres économistes, comme Jean Gadrey, considèrent que la solution passe notamment par le développement de nombreux emplois de proximité à forte plus-value sociale.

Dans tous les cas, ces différentes contributions partent du constat suivant :
a) l'histoire récente de nos sociétés montre que la croissance ne permet pas de garantir le plein-emploi (la crise économique actuelle illustre même la fragilité de ce modèle)
b) les enjeux environnementaux ne nous permettent pas de rêver d'une croissance économique soutenue et éternelle.

Pourtant, nos politiques restent attachés à leurs vieilles lunes et, à défaut de croissance, se contentent d'objectifs modestes, comme "ralentir l'accélération de la hausse du chômage". Le contexte serait pourtant hautement favorable à des expérimentations plus ambitieuses. Qu'attendons-nous ?
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Tue, 30 Jun 2009 11:19:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-33272020.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-33272020-6.html#anchorComment