<![CDATA[Chômeurs, rassemblons-nous !]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/ Témoignages, idées et expériences pour dénoncer les limites et incohérences de l'aide à l'emploi, et proposer une autre vision de l'insertion professionnelle. fr Thu, 02 Jul 2009 00:19:05 +0200 Thu, 02 Jul 2009 00:19:05 +0200 Over-blog.com RSS 2.0 Engine Copyright 2009, NC NC Économie http://www.rssboard.org/rss-specification/ <![CDATA[Le plein emploi sans croissance ?]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-33272020.html rapport au titre évocateur : "La prospérité sans la croissance". Or son auteur n'a rien d'un altermondialiste illuminé, puisque ledit rapport émane du très officiel commissariat britannique au développement durable.

La notion de développement durable ne se résume pas aux seuls aspects environnementaux : pour être "durable", le développement doit aussi intégrer les enjeux économiques et sociaux. Et donc la question de l'emploi. Or si l'on admet que la croissance est néfaste pour la préservation des ressources naturelles (on le voit bien, par exemple, avec l'épuisement des réserves pétrolières), le développement durable se doit d'imaginer des modèles qui garantissent et dynamisent l'emploi tout en se passant de la croissance telle que nous l'entendons par sa définition courante.

Comment le développement durable peut-il satisfaire ces enjeux réputés contradictoires ? La piste évoquée par ce rapport est celle de la réduction du temps de travail. A noter que cette piste est en effet privilégiée par certains économistes, comme Pierre Larrouturou, auteur du livre récemment sorti "Crise, la solution interdite" (lire la présentation du livre sur le site Marianne2).

D'autres économistes, comme Jean Gadrey, considèrent que la solution passe notamment par le développement de nombreux emplois de proximité à forte plus-value sociale.

Dans tous les cas, ces différentes contributions partent du constat suivant :
a) l'histoire récente de nos sociétés montre que la croissance ne permet pas de garantir le plein-emploi (la crise économique actuelle illustre même la fragilité de ce modèle)
b) les enjeux environnementaux ne nous permettent pas de rêver d'une croissance économique soutenue et éternelle.

Pourtant, nos politiques restent attachés à leurs vieilles lunes et, à défaut de croissance, se contentent d'objectifs modestes, comme "ralentir l'accélération de la hausse du chômage". Le contexte serait pourtant hautement favorable à des expérimentations plus ambitieuses. Qu'attendons-nous ?
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Tue, 30 Jun 2009 11:19:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-33272020.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-33272020-6.html
<![CDATA[On recherche "offre raisonnable d'emploi"]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-33005845.html
Environ neuf mois après la promulgation de la loi sur les droits et devoirs des chômeurs, qui se souvient encore de l'obligation d'accepter toute "offre raisonnable d'emploi" ? Pour rappel, ce texte a défini des critères précis (rémunération, éloignement) permettant de considérer qu'une offre d'emploi est "raisonnable". Et si un chômeur refuse deux offres "raisonnables", c'est la radiation.

En juillet dernier, nous avions souligné le caractère ridicule de cette disposition : comme si les demandeurs d'emploi avaient besoin d'être menacés pour accepter une offre, et a fortiori une offre "raisonnable" !

Neuf mois après l'entrée en vigueur de la loi, faisons le bilan : quelqu'un connaît-il une seule personne ayant été radiée pour ce motif ? Un permanent du MNCP nous disait récemment que sur toute la France, seulement quatre radiations de cette nature avaient été effectuées. Autant dire une goutte d'eau au regard des radiations réalisées pour non-présentation à un entretien ou défaut d'actualisation de situation...

Ce constat est riche d'enseignements. La loi induisait que les "offres d'emploi raisonnables" étaient nombreuses et que beaucoup de chômeurs préféraient les refuser (sinon pourquoi légiférer sur ce sujet ?). On voit bien aujourd'hui que ce présupposé était faux : les chômeurs veulent travailler, mais il n'y a tout simplement pas "d'offre raisonnable" à leur proposer.

Certains souligneront qu'entre l'adoption de la loi et la situation actuelle, la crise est passée par là et a grandement changé la donne. Ce n'est pas tout à fait exact : la faillite de Lehman Brothers a eu lieu le 15 septembre 2008 (donc avant la promulgation de la loi) et "la Crise" faisait  depuis plusieurs semaines la Une des journaux. Certes il était difficile à l'époque de prévoir l'ampleur exacte de ses répercussions sur l'emploi, mais on peut tout de même espérer que certains haut fonctionnaires avaient vaguement anticipé qu'elle aurait quelques répercussions dans ce domaine. Ou alors il est urgent de faire un audit sur le niveau des formations dispensées à l'ENA et à Science-po.

Si le gouvernement avait supposé que la crise puisse invalider l'intérêt de cette loi, il aurait pu facilement en différer l'application. Ce d'autant plus que son entrée en vigueur était initialement prévue au 1er janvier 2009. Or que s'est-il passé ? Laurent Wauquiez, dans une interview parue le 10 septembre dans La Tribune, indiquait que finalement le décret d'application paraîtrait "fin septembre". Crise ou pas crise, il était d'urgent de pousser ces fainéants de chômeurs à se mettre au travail. Raté.
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Tue, 23 Jun 2009 16:07:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-33005845.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-33005845-6.html
<![CDATA[Vidéo >> "C'est ce qu'on appelle du sabotage de recherche d'emploi"]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-32712436.html


Etude de marché, plan de financement... les démarches préalables à une création d'actvité peuvent être longues. Et parfois inutiles lorsqu'elles aboutissent, sans motif valable, au refus de la formation demandée pour pouvoir se lancer.
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Tue, 16 Jun 2009 10:31:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-32712436.html Vécu http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-32712436-6.html
<![CDATA[Le gouvernement espère "ralentir l'accélération de la hausse" du chômage]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-31605164.html Apparemment, "l'appel du 2 mai" (voir ci-dessous) n'a pas été entendu par le gouvernement. La crise actuelle pourrait-elle fournir l'occasion d'une remise à plat de la politique de l'emploi ? De nombreux responsables politiques, associatifs et syndicaux le pensent. Avec, évidemment, l'objectif d'une réduction importante du chômage en France.

Mais dans la tourmente, le gouvernement affiche lui une ambition plus mesurée : "Essayer d'obtenir qu'à partir de la rentrée de septembre, l'accélération de la hausse du chômage se ralentisse."

Ces propos sublimes, rapportés par lefigaro.fr, sont le fait du Premier ministre, François Fillon, et ont été repris sans honte ni malaise par Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'emploi.

Derrière son caractère alambiqué, c'est par son sous-entendu que cette phrase est la plus éclairante : elle induit qu'une fois de plus, les responsables en charge de la politique nationale avouent leur impuissance. Oui, il savent bien que la hausse du chômage est en "accélération", mais dans le meilleur des cas, ils ne pourront que "ralentir" celle-ci. Et encore, pas avant "la rentrée de septembre". Pour une possible baisse, le même Laurent Wauquiez estime que ce ne sera "pas avant 2010". C'est-à-dire, nouveau sous-entendu, pas avant le retour de la sainte croissance économique, sans laquelle aucune issue n'est envisageable.

Le dogme selon lequel la croissance serait la condition à la fois nécessaire et suffisante à la baisse du chômage est pourtant largement battu en brèche par de nombreux économistes. Nos hommes politiques continuent pourtant de lui vouer une foi de charbonnier.

Sortir de ce dogme est indispensable à la mise en oeuvre de toute nouvelle politique de l'emploi. Tant qu'il restera ancré dans les croyances de nos dirigeants, aucun réel progrès ne sera possible... sauf à considérer que le "ralentissement de l'accélération de la hausse" constitue un objectif suffisant et adapté à la situation des personnes privées d'emploi.

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Tue, 19 May 2009 11:00:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-31605164.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-31605164-6.html
<![CDATA[Appel du 2 mai pour des "états généraux de l'emploi"]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-31364078.html C'est peut-être la conséquence positive de la crise : alors que l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) annonce le chiffre faramineux de 800 000 chômeurs de plus en France d'ici fin 2010, la question de l'emploi devient incontournable. Au point même de transcender les clivages. En témoigne la diversité des signataires de "l'appel du 2 mai pour des états généraux de l'emploi" : on y trouve des personnalités politiques de bords très différents (du Modem au courant altermondialiste représenté en l'occurrence par José Bové), des économistes et chercheurs de spécialités diverses, des responsables syndicaux et militants associatifs, dont des représentants de mouvements de chômeurs et précaires.

Initié par le collectif "Nouvelle donne", cet appel a pour but de susciter l'organisation d'une consultation et d'une réflexion inédite sur l'emploi, avec un objectif clair : "construire un nouveau contrat social qui permette de diviser par deux le chômage et la précarité".

Pour y parvenir, ce collectif présente par ailleurs ses propres propositions, qui reprennent les travaux de l'économiste Pierre Larrouturou, chantre de la semaine de 4 jours. Le but de l'appel ne se résume pas cependant à mettre en débat cette seule idée, mais bien à ouvrir la discussion sur les moyens à mettre en oeuvre pour enfin "prendre le taureau par les cornes" (ce sont les termes de l'appel) et imaginer de nouvelles solutions qui bousculent les dogmes établis.

Sur ce point, le constat dressé par le collectif évoque notamment la fausse excuse d'une mondialisation à la fois inéluctable et destructrice d'emplois, réfute l'idée que la solution puisse résider dans le retour de la croissance et affirme que, loin d'en être seulement une conséquence, le chômage et le sous-emploi sont au contraire une cause directe de la crise actuelle. 

Les lecteurs réguliers de ce blog ne manqueront pas de relever ici une convergence avec les idées qui y sont développées !

Quant à nos propositions, elles vont même plus loin puisqu'elles affirment la possibilité d'organiser en France un véritable droit à l'emploi garanti, afin de mettre fin au scandale du chômage de longue durée. Mais quelle que soit la solution imaginée, elle passe nécessairement par l'ouverture d'un vrai débat sur le sujet, qui ose enfin dépasser les idées reçues. C'est précisément le but de cet appel, que nous relayons ici.


 

Appel du 2 mai

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Wed, 13 May 2009 12:18:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-31364078.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-31364078-6.html
<![CDATA[A quand la "fête de l'emploi" ?]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-30771366.html

En tête de cortège, vendredi 1er mai, se trouveront certainement les salariés de Caterpillar ou Continental. Les grands leaders syndicaux seront à leurs côtés, vent debout contre les délocalisations et fermetures d'usine réalisées au bénéfice des actionnaires sans même que la survie de l'entreprise (ni d'ailleurs ses profits) ne soit menacée.

Bien sûr, de telles fermetures sont inacceptables. Bien sûr, la destruction d'emplois industriels, lorsqu'elle fait écho à des préoccupations boursières qui méprisent la "valeur travail", est insupportable.

Mais ces plans sociaux spectaculaires, qui "bénéficient" des faveurs des médias, demeurent l'arbre qui cache la forêt. De l'aveu même de Geoffroy Roux de Bézieux, président de l'Unedic interviewé sur RTL, "les licenciements économiques qui font la Une de l'actualité, c'est à peu près 10% des chômeurs [nouvellement inscrits à Pôle emploi]." Les autres ? "Ce sont les fins de CDD, les fins d'intérim, les jeunes."

Bref, tous ceux dont on ne parle (presque) jamais, et qui le plus souvent n'apparaissent même pas dans les statistiques  car, d'un petit boulot à l'autre, travaillent "trop" pour apparaître dans la catégorie A des demandeurs d'emploi, c'est-à-dire la seule à être prise en compte dans les chiffres officiels.

Ainsi, notre organisation syndicale et sociale, et par conséquent le discours médiatique, accordent beaucoup plus d'importance à ceux qui perdent leur emploi qu'à ceux qui n'en trouvent jamais. Il serait bien sûr ridicule, et totalement hors de propos, de dresser les uns contre les autres. Un simple glissement sémantique suffirait d'ailleurs à englober ces situations diverses : au lieu de "protection de l'emploi", parlons de "droit à l'emploi"... au lieu de "fête du travail" (terme qui par essence s'adresse à ceux qui ont un travail), parlons de "fête de l'emploi" !

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Tue, 28 Apr 2009 10:29:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-30771366.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-30771366-6.html
<![CDATA[L'insertion, d'accord, mais en "adéquation avec les objectifs"]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-29974970.html Depuis le 1er janvier 2009, les structures d'insertion par l'activité économique (SIAE) sont soumises à de nouvelles règles de conventionnement avec l'Etat. De ce conventionnement dépend leur financement, avec pour maîtres mots "objectifs" et "culture du résultat". En clair : on n'est pas là pour faire du social !

"On passe d'une logique de moyens à une logique de résultats", indique en introduction le Guide des nouvelles modalités de conventionnement Etat-SIAE, rédigé à l'attention de ces dernières par leur Conseil national d'appui et de ressources (CNAR).

Evidemment, la formule "culture du résultat" n'a rien d'un gros mot. Mais appliquée à des structures dont l'objet est de permettre l'accès à l'emploi des personnes les plus éloignées du monde du travail, elle induit forcément quelques inquiétudes. On ne va pas demander aux structures d'insertion de sélectionner leur public tout de même ? Eh bien si, justement.

Cette invitation figure en termes à peine feutrés dans le texte de la circulaire du 10 décembre 2008, qui fixe les modalités de conventionnement applicables depuis le 1er janvier. Ledit texte conseille sobrement aux SIAE en panne de résultats de "renforcer l'adéquation des publics embauchés avec les objectifs négociés". Limpide.

Concernant ces objectifs, il est rappelé presque à chaque page qu'ils seront établis sur la base d'un diagnostic précis de la situation de chaque structure, et notamment de la réalité du marché de l'emploi sur son territoire. Mais au détour d'un paragraphe, on relèvera tout de même que ces objectifs "ne sauraient être inférieurs à un taux de sorties dynamiques de 60% et à un taux d'insertion dans l'emploi durable de 25% au terme d'un délai de trois ans".

Ce langage abscons est heureusement précisé par la circulaire qui, sous le terme de "sortie dynamique" distingue, donc, l'emploi "durable" (un CDD ou une mission d'intérim de six mois suffit pour bénéficier de cet adjectif), l'emploi "de transition" (CDD ou mission d'intérim de moins de six mois) et la "sortie positive", c'est-à-dire, par exemple, une formation "pré-qualifiante" ou l'embauche dans une autre SIAE...

Une exigence de résultats basée sur des objectifs qui, d'un point de vue qualitatif cette fois, apparaissent fort limités : on voudrait inciter les SIAE à faire du chiffre à n'importe quel prix qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

On imagine mal comment cette réforme pourrait véritablement améliorer la manière de travailler des SIAE, au bénéfice des chômeurs qu'elles accompagnent. Le but, d'ailleurs, n'est certainement pas là. Afficher au final un meilleur bilan comptable, quitte à ignorer les personnes les plus en difficulté, voilà qui semble déjà plus réaliste.]]>
Tue, 07 Apr 2009 15:28:00 +0200 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-29974970.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-29974970-6.html
<![CDATA[Le manque d'emplois est aussi une cause de la crise]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-29444489.html La crise a pour conséquence une forte montée du chômage. Mais est-ce que le manque d’emplois n’est pas aussi une cause de la crise, initiant un beau modèle de cercle vicieux ?

La « crise » serait donc partie des Etats-Unis. Ses premiers soubresauts se sont manifestés à l’été 2007, avec les conséquences dramatiques des « subprimes », ces prêts à taux usuraires consentis à des ménages largement surendettés.

On connaît la suite : les banques découvraient, effarées, qu’elles étaient assises sur des montagnes de créances non solvables, tandis que la multiplication des maisons vacantes, pour cause d’expulsions massives, faisait éclater la « bulle immobilière » qui, depuis plusieurs années, soutenait artificiellement la croissance américaine.

Mais comment a-t-on pu en arriver là ? Un endettement des ménages massif, adossé sur les foyers les plus modestes… Une spéculation immobilière, largement appuyée sur les prêts hypothécaires, transformée en source de revenus indispensable, véritable perfusion d’une économie malade…

Cet état des lieux sinistre, de nombreux économistes le dressaient depuis déjà plusieurs années. La situation était connue ; le risque également : pourquoi avoir laissé faire ?

Tout simplement parce que la consommation des ménages était devenue outre-Atlantique le seul moteur de croissance encore en état de marche. Il fallait donc qu’il tourne à plein régime, quitte à l’alimenter par des crédits de plus en plus risqués.

Nous connaissons, en France et en Europe, les conséquences douloureuses des délocalisations. Ce phénomène existe aussi aux Etats-Unis. Un chiffre suffit à l’illustrer : celui du déficit commercial américain. En 2007, avant que la crise n’affecte la consommation (et donc les importations), ce dernier dépassait les 700 milliards de dollars par an (environ 2 milliards par jour !).

La production industrielle ne représente plus un vecteur de croissance.
Or, conséquence aggravante, cette désagrégation du tissu industriel affecte durement de nombreux ménages, qui tiraient de l’activité industrielle l’essentiel de leurs revenus.

Certes, les chiffres indiquent que durant les années 2000, la courbe du revenu des ménages a poursuivi sa progression aux Etats-Unis. Mais cet indicateur est largement faussé, car dans le même temps, les inégalités ont explosé outre-Atlantique.

C’est ce qu’indique sur son blog l’économiste Jean Gadrey : en 2006, les 10% les plus riches de la population américaine concentraient la moitié du revenu des ménages de l’ensemble du pays ! Un record absolu. Soulignons au passage un détail troublant : le précédent record (c’est-à-dire le moment où la part des revenus accaparée par les 10% les plus riches était à son niveau le plus élevé) remontait à… 1928, soit un an avant la fameuse crise de 29. Autrement dit, les périodes où les inégalités sont les plus criantes précèdent les périodes de crise majeure.

Or dans le même temps, les revenus des ménages modestes ont eux été durement attaqués : selon la même source, le pouvoir d’achat des personnes disposant pour seul revenu du salaire minimum fédéral a lui été divisé par deux entre 1968 et 2008.

A défaut de croissance d’origine industrielle, c’est sur une population économiquement fragilisée qu’a pesé l’effort de consommation requis pour maintenir la croissance économique du pays. Avec pour corollaire l’endettement, les crédits à risque, et les conséquences que l’on sait…

Le manque d’emplois, et la fragilité économique qui en découle pour les ménages concernés, fragilise l’ensemble de l’économie du pays. Dire que le chômage est une conséquence de la crise est donc insuffisant. Car le manque d’emplois en est aussi une cause. Raison de plus pour le combattre avec davantage de volonté.]]>
Wed, 25 Mar 2009 08:46:00 +0100 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-29444489.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-29444489-6.html
<![CDATA[Crise de l'emploi >> une fatalité ?]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-28576565.html On a d'abord parlé de crise financière. Puis de crise économique. Maintenant, pas de doute, c'est bien d'une crise de l'emploi qu'il faut parler : sur le seul mois de janvier 2009, le nombre de chômeurs en France a augmenté de 90 000. Du jamais vu. Et il n'y aurait rien à faire ?

La parole politique est décidément versatile. Il n'y a pas si longtemps, en septembre 2008, alors même que la crise financière faisait trembler sur leurs bases les grandes économies mondiales, Christine Lagarde, ministre des Finances,  saluait "la résistance du marché du travail dans un environnement défavorable". Le taux de chômage pour le deuxième trimestre 2008 venait d'être publié, établi à 7,2% en France métropolitaine. Et la ministre d'attribuer cette résistance de l'emploi "aux réformes engagées dont les gens prennent conscience et qui favorisent la valeur travail".

Changement de décor. Mars 2009, les chiffres du chômage du mois de janvier sont tombés, et ils indiquent une poussée record : 90 000 chômeurs de plus en un seul mois. La crise financière a impacté "l'économie réelle", et c'est désormais à une crise de l'emploi que sont confrontées les grandes puissances économiques.

Qui se rappelle alors de l'optimisme affiché quelques mois plus tôt par la ministre des Finances ? Certainement pas François Fillon. Le 2 mars, le Premier ministre considérait "qu'aucun plan de relance ne permettra d'éviter la crise". Mais, tempère-t-il, "les chiffres [en France] sont moins mauvais que la plupart des pays européens", ce grâce à "la politique du gouvernement".

Or, il est vrai que dans la débâcle constatée actuellement sur le front de l'emploi, certains secteurs résistent, voire progressent. Il s'agit notamment des services à la personne et des nombreux corps de métier liés à ce que l'on appelle la "croissance verte" (énergies renouvelables, isolation des bâtiments...).

Ces deux secteurs ont un point commun : ils bénéficient l'un et l'autre de fortes incitations fiscales. Chèques emplois services universels, éco-prêts, crédits ou réduction d'impôts pour les travaux d'amélioration énergétique des logements et l'emploi de personnel d'aide à domicile... stimulent la consommation de ces produits et services, et donc l'emploi dans ces secteurs.

Cela coûte-t-il cher à l'Etat ? Le responsable d'une entreprise de services à la personne, à qui la question était posée lors d'un reportage réalisé pour l'émission Capital de M6, répondait de la manière suivante : "Laisser les personnes au chômage, cela coûte bien plus cher encore."

En effet, lorsque la dépense publique a pour effet de sortir des personnes du non-emploi, l'effet de levier est immédiat : le chômage génère le versement de minima sociaux, le travail entraîne le paiement de charges salariales ; une personne sans emploi gagne peu et consomme peu, une personne avec un revenu régulier consomme davantage, au bénéfice de la fiscalité indirecte (TVA). Et on pourrait continuer longtemps comme ça...

Cependant, des précautions doivent impérativement être prises pour que ce thèorème fonctionne : d'une part, la dépense publique occasionnée doit directement être créatrice d'emplois et, d'autre part, ces emplois doivent être créés au bénéfice de chômeurs.

Signalons au passage que c'est précisément parce qu'elles ne satisfont aucune de ces exigences que les réductions de charges sur les bas salaires, par exemple, ont malgré leur coût des effets marginaux sur l'emploi.

Mais ces deux conditions pourraient tout à fait être garanties, moyennant des dispositions techniques adaptées.

C'est d'ailleurs le sens de la proposition formulée dans son livre par Patrick Valentin, vice-président de l'AITA.
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Tue, 03 Mar 2009 10:51:00 +0100 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-28576565.html Analyses http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-28576565-6.html
<![CDATA[Chômage de longue durée >> 8 panneaux contre les idées reçues]]> http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-28305882.html En préalable à la soirée d'échanges organisée par l'AITA, une exposition sera installée dès le 13 mars à la Maison pour tous de Monplaisir (Angers).

Cette exposition, en huit panneaux, entend répondre à certaines idées reçues couramment entendues au sujet du chômage de longue durée.

"Les chômeurs préfèrent toucher des allocations plutôt que travailler"... "Les chômeurs ne savent pas s'y prendre pour chercher du travail"... "Les chômeurs préfèrent travailler au noir"... "On en fait déjà bien assez pour les chômeurs"...

Ces phrases, qu'on entend régulièrement au détour d'une conversation, parfois reprises par certains médias ou personnage politique, ne correspondent pas à la réalité.

Bien sûr, des exemples existent de chômeurs qui abusent, qui profitent du système. Et curieusement, ces exemples sont très souvent surmédiatisés, à l'image du célèbre Thierry F., fier d'être un "chômeur professionnel". Dans cet ordre d'idée, il a suffi d'un exemple manifeste, mais marginal, de perception indue du RMI pour que soit mis en place en urgence le contrôle du train de vie des bénéficiaires de minima sociaux.

Oui, des abus existent, mais ils demeurent anecdotiques au regard de la situation vécue par l'immense majorité des chômeurs qui, en toute bonne foi, cherchent des emplois qu'on ne veut pas créer pour eux, vivent dans la précarité économique et, souvent, la détresse morale.

Mais observer le problème du chômage de longue durée par le petit bout de la lorgnette, en stigmatisant les situations abusives pour ne pas regarder les difficultés rencontrées par la masse silencieuse des privés d'emploi, voilà qui a le mérite d'être facile et rassurant.

Les huit panneaux présentés, accessibles par l'onglet "8 idées reçus sur le chômage" (colonne de droite de ce cite) reprennent ainsi plusieurs "lieux communs" sur le chômage, et proposent un contre-argumentaire. Pour ne pas confondre victime et coupable.
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Tue, 24 Feb 2009 10:56:00 +0100 http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-28305882.html Agenda http://www.chomeurs-rassemblons-nous.net/article-28305882-6.html